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J + 2, très mauvaise nouvelle

 

Mercredi 2 juillet

Bon, nous aurions aimé vous envoyer un grand soleil du premier jour de notre arrivée à Pekenbaru, après ces 48h passées dans les avions ou aéroports. Malheureusement, c’est le cœur lourd que nous commencerons ce blog. Philippe Neau, le cousin d’Oliv, est mort hier, et là, toutes les galères qu’on vient de passer ne sont rien à côté de la mort d’un être cher. Et la distance amplifie la douleur de la séparation, nous ne le reverrons pas en revenant…

On a bien galéré, mais bon, c’était prévu, les vélos ont bien sûr compliqué l’histoire, fallu défaire les cartons pour dégonfler les pneus à Nantes, alléger le carton du pino à Londres (les agents ne sont pas habilités à porter des bagages de plus de 30kg. Il a donc fallu transvaser quelques kilos dans un autre carton) et se les trimbaler un bon moment à Kuala Lumpur pour aller d’un aéroport à l’autre, charger et décharger le troley pour passer les portes trop étroites et entrer dans une bonne dizaine d’ascenseurs. A Penkanbaru, difficile de se comprendre pour le visa et impossible de trouver un taxi qui puisse les prendre pour nous amener à l’hôtel, arrivés à l’hôtel, ils ne trouvaient pas la réservation, ils ne parlent pas anglais, la connexion internet dure à établir pour prouver que nous avons réservé et payé la chambre ….

Cerise sur le gâteau, on a perdu l’appareil photo, donc pas de petite photo de cet épique moment.

 

On est comme des zombis, en décalage de tout. Mais ne vous inquiétez pas, on va se ressaisir, monter les vélos et rentrer dans l’aventure pour de vrai. Nous venons de lire vos commentaires, encore merci. Je crois que ces encouragements ne sont pas de trop en ce moment.

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Jeudi 3 juillet

Après une nuit de 12h, nous avons fait nos premiers pas dans la ville. Tout est à ré-apprendre même aller aux toilettes ! Et oui, ici, on se nettoie les fesses avec un jet d’eau.

Les enfants sont bien sûr surpris, le bruit, l’odeur… Ici la circulation est très dense, beaucoup de scooters, plein d’échoppes de tout et de rien sur la rue, on y vend des choses qu’on jetterait chez nous, trottoirs défoncés, égouts à ciel ouvert. Pas de doute, on est dans une grande ville d’un pays en voie de développement. Il nous tarde de nous éloigner de la ville pour rencontrer les gens, ne plus être dans la cohue.

Le ramadan a commencé dimanche 29 juin. Du coup, pas moyen de trouver à manger avant la tombée de la nuit !!! Pas pratique, toutes cette petites échoppes qui font envie et qui ne servent pas. Ce midi, il nous a fallu nous rabattre sur un KFC, mais sans possibilité de manger à l’intérieur. On est allé manger notre take away sur un bord de trottoir. Une mamie est venue nous amener deux bancs et des assiettes. Nous avons tenté de nous comprendre, avec les gestes. Les Indonésiens semblent vraiment très aimables.

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Nous passons une seconde nuit dans l’hôtel d’hier, histoire de prendre nos marques. Oliv est en train de monter les vélos.

Nous avons acheté un nouvel appareil photo 😦 899 000 roupies 🙂 soit environ 60€.

Les enfants sont contents, ils ont trouvé des trucs à manger qu’ils aiment. Oliv a retrouvé les clés des cadenas des vélos, qu’il a tant cherchées, dans la poche de son short.

Bonjour bonsoir je ne sais plus trop, à l’heure où je vous parle un gros orage éclate sous les fenêtres. Des trombes d’eau ruissellent de partout. Heureusement que l’on est pas sous la tente !!!

J’ai le cœur bien triste je pense à mon cousin qui était aussi pour moi un frère et un ami. Même si nous étions différents, nous partagions beaucoup d’intérets communs (la voile, la course, le tennis, l’esprit d’entreprise) et bien d’autres choses. On se comprenait.

Je voudrais, si vous le voulez bien, profiter de ce blog et le dédier à celui qui va rejoindre notre tendre grand mère. Je pense à ses deux enfants que j’ai vu grandir pendant des années et aussi à Iasabelle qui nous a toujours merveilleusement reçus. A tous, mes sincères condoléances. Maintenant, la vie continuer, mais je veux lui rendre l’hommage qu’il mérite pour moi.

Demain nous partons en vélo après cette pause de 2 jours. Un grand besoin de repos nous était nécessaire avec ce décalage horaire et l’adaptation à notre nouveau milieu. Je repense au Maroc avec yoyo quand j’entends les prières de la mosquée au mégaphone, et ça dure pendant des heures. Nous nous sommes baladés dans la ville, bomdée de véhicules. C’est un balai incessant de voitures et scooters. Nous avons pris plusieurs taxis car pour un pieton c’est pas le top. J’ai l’impression que tout le monde circule en moto taxi.

 

4 juillet

 

Voila, les vélos sont prêts, nous partons bientôt en direction de Bankinang. Pour des raisons liées à la difficulté de renouveler nos visas, nous écourtons de 10 jours notre séjour en Indonésie. Nous prendrons l’avion le 1er juillet pour un vol Medan-Jakarta puis Jakarta Sydney.

Nous ne savons pas quand nous pourrons vous donner de nos nouvelles.

 

Dimanche 6 juillet

Nouveau message en direct de Bukittinggi. Nos premiers pas dans le grand bain ont été très riches !

Partis vers 12h de Pekanbaru, il nous a fallu quitter la ville, pour ne pas dire la fourmillière. Pas très rassurés avec toute cette circultation ! Ewen a été formidable, à la hauteur du défi que nous lui avons demander de relever. Il a padalé, tenant sa gauche (ui, ici, on roule à gauche) sans broncher, sous le soleil cuisant. Une bonne vingtaine de Km pour sortir de la ville. Foule de camions, voitures, scooters, tous klaxonnant, pour alerter, mais aussi pour nous saluer et nous encourager. Toujours le sourire aux lèvres. Petite pause le long de la route où nous avons dégusté de superbes annanas préparés avec soin et toujours avec le « smiles ».

Vers 16h30, une pluie éclate, on prend refuge sous le préau d’une école, l’occasion d’une première rencontre, avec Adit, qui, au final, nous invite chez lui. Nous voici escortés par un scooter sur environ 30 km. Nous avons reçu de la famille d’Adit une très belle leçon d’hospitalité. Servis comme des princes dans une maison magnifique (de l’intérieur, parce que dehors, on n’aurait pas cru un tel palace). Le lendemain, les enfants (7) nous ont amené visiter leur leur ville et prendre un bain. Super matinée en leur compagnie. Ils nous ont comblé de provisions. Quand Oliv a dit qu’il avait perdu ses lunettes de soleil, Romi lui a donné les siennes. Les enfants ont eu du mal à leur dire au revoir.

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Partis en direction de Batubersurat, censément à 25km, nous avons rebroussé chemin devant la montée. Un ange gardien parlant anglais nous a escorté et après plusieurs tentatives, nous a trouvé un refuge pour la nuit. La forêt ne semble pas du tout propice au camping sauvage.

Au final, nous avons dormi dans le hall d’un drôle d’endroit, gardé par quelqu’un. Plusieurs dizaine de personnes, une bonne quinzaine de scooters a nous observer monter notre tente, puis démonter notre tente pour dormir à l’intérieur. C’était un peu stressant, et bruyant.

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Ici, avec le Ramadan, il y a comme de l’électricité dans l’air à la tombée de la nuit, à heure de la libération, quand le muezzin se met à chanter.

Aujourd’hui, nous sommes montés dans un pick-up pour faire les près de 130 km qui séparent Kuok de Bukittinggi. Au vu de la raideur de la montée, la circulation, le soleil, l’état de la route, je crois que nous aurions mis 4 ou 5 jours à faire ce trajet.

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Arrivés à Bukittinggi vers 16h, nous profitons un peu de cette ville, qui change vraiment par rapport à Pekenbaru. Il y a même des pistes cyclables !! Mais toujours pas de vélos. On est plus en altitude, l’air est plus respirable et il y a moins de circulation. Nous dormons cette nuit à l’hôtel (275 000 roupies soit moins de 15€). Avant le dodo petite virée dans la ville à la nuit tombante. On profite de petits commerces ambulants pour nous restaurer façon indonésienne. Ewen a avalé un piment vert ! Je pense qu’il ne se fera plus avoir avec ce qui ressemble à un bout d’haricot !

 

Mardi 8 juillet

 

Réveil au bord du lac Maninjau , dans une guest house.

Hier matin, nous avons visité Bikittinggi, sa tour de l’horloge et son souk…à vélo. Nous nous sommes perdus dans ce dédale de petites échoppes.

Partis de l’hôtel Sakato vers 14h, arrivés à Maninjau à 18h. L’étape était sportive : 35km dont presque 20 km de montée assez ardue et une descente vertigineuse sur le lac de 8 km et 44 virages, tous numérotés. Le tout accompagné d’une pluie dense. Ewen a encore une fois été admirable de courage et de maîtrise.

La route était superbe, pas trop de circulation, par rapport à ce que nous avons eu jusque là, des rizières, quelques singes. Et toujours ces « helloooo Misteeeeeeerrrr !! », « how are youuuuuuuu », « what’s your name ? » dès qu’on croise un de ces souriants indonésiens.

Enfin l’arrivée au bourg de Manijau comme à l’habitude nous faisons toujours sensation avec nos vélos et surtout le Pino et Méline à l’avant. L’attente ne dure pas longtemps, au bout de quelques minutes d’observation quelqu’un vient vers nous pour nous aidez « i have a good adresse for you ». Il nous emmène dans sa guest house qui nous convient très bien à cette heure-ci où la nuit tombe assez vite. Une fois installés, lavés (douche froide, vendue comme « juste bien » par le tenancier), mis les vêtements à sécher, nous allons dîner chez l’habitant. Là nous sommes servis sourire au lèvre par des enfants. Au menu riz et bœuf. Cette fois-ci ce n’était pas des plus gourmet, on fini par s’acheter des petites brochettes patates dans une roulotte de la place…et une bière, pour fêter nos 7 ans de mariage, 14 ans de chemin commun. L’alcool, dans ce pays musulman, est une denrée rare, et relativement chère. En général, quand on en demande, on nous répond non avec de grands yeux étonnés.

On trouve les indonésiens très respectueux, gentils et pas lourds dans les contacts. D’abord ils nous observent pendant de longues minutes, après si nos yeux sont plus insistants, le contact s’opère et ils se font un plaisir de nous aider et de nous indiquer le chemin, et pour l’instant sans bakchich.

 

Mercredi 9 juillet

  

Farniente (?) au lac Maninjau.

repos des montures

repos des montures

Quelques km plus loin de Manijau, nous nous posons dans une guest house au bord de la plage : Arlen’s nova’s paradise. Pour y accéder, aucune route, il faut longer les rizières et piscicultures sur quelques centaines de mètres dans un petit chemin boueux.

500m de chemin boueux pour rejoindre Nova's paradise

500m de chemin boueux pour rejoindre Nova’s paradise

Trois petits bungalows pour accueillir les très rares touristes. Nous rencontrons nos trois premiers touristes depuis notre arrivée en Indonésie ! Sentiment étrange : on sent que les infrastructures sont là mais il n’y a personne. On nous dit que c’est parce que c’est le Ramadhan.

Hier après midi, nous avons fait une balade d’une vingtaine de km, dans l’espoir de trouver une source chaude…nous n’avons trouvé que de la pluie froide ! On est rentrés trempés comme des soupes et avec l’humidité, rien ne sèche.

Cela dit, l’endroit est paradisiaque, palmiers, fleurs tropicales, plage. Les enfants sont quasiment tout le temps dans l’eau. Paradisiaque… et calme ! D’ici, pas de route passante, de klaxons ni de muezzin. On n’entend que la faune, le clapotis de l’eau et les voix des pêcheurs qui lèvent leur filet.

 

Des palmiers mais pas de cocotiers

 

Jeudi 10 juillet

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Nous avons dû renoncer à la route côtière réputée dangereuse. En fait, toute cette partie à l’Ouest des montagnes – comme toute la plaine à l’Est aussi du reste- est couverte d’exploitations de palmiers pour produire la fameuse huile de palme. La route côtière est ainsi appropriée, voire privatisée par des « majors compagnies ». Nous empruntons une route plus à l’Est. Nous avons croisé toute la journée des camions remplis à ras bords de ses précieux fruits. Et cette odeur d’huile de palme partout. Impressionnant… et écœurant (l’odeur mais aussi tout ce qu’il y a derrière cette production intensive).

Partis de Lubungbasung pour une bonne journée de vélo (55km). Au programme soleil de plomb, grosse côtes et klaxons (ça lasse un peu de temps en temps).

Petite pause à midi, nous prenons un petit chemin sur le coté pour essayer de pique-niquer dans un champ à l’ombre des palmiers. A peine arrivés, une dame nous fait signe de venir déjeuner sur un banc de bois chez eux. Comme à l’habitude, ils sont émerveillés par nos bicloones. Toute la famille se réunit autour de nous pour accompagner ce dèj de sourires et de photos.

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Nous partons activement sur nos selles. Le soleil est à son zénith. Gros coup de soleil et vite trempés de sueurs. Nous faisons des petites pauses le long de la route pour engloutir nos boissons fraiches. J’ai jamais bu autant de coca qu’ici, ça fait même de bien. Nous nous ravitaillons à l’eau Agua du monopole Danone. En quelques minutes, l’eau est presque à température ambiante. Autant dire que nous buvons souvent de l’eau tiède voire chaude.

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Vers 17h voilà le temps pour nous de trouver de quoi dormir. Nous essayons un chemins de coté, faisons quelques mètres essayons de discuter pour trouver un endroit. Quelqu’un nous montre gentillement la route vers un soi disant hôtel. Arrivée sympathique avec toujours plein d’enfants pour nous observer. Là nous devons attendre la maîtresse de maison et nous nous installons dans une chambre mis à disposition par l’un de ses enfants. Arrivé de madame et pour la première fois l’accueil n’est pas là. Ce qui nous surprend mais bon ! Elle nous écrit le prix sur le papier et là, stupéfaction, on se retrouve avec une chambre nulle, avec les affaires de quelqu’un et un prix plus élevé qu’à l’hôtel. On négocie mais rien ni fait. On menace de partir. Solenn part en repérage pour trouver un endroit où planter la tente.

 

Après l’accueil pourri, nouvelle leçon d’hospitalité ; j’arrive juste à l’heure où ils rompent le jeûne. Une bonne 50aine de personnes sont réunis et attendent l’heure pour attaquer les victuailles disposées en buffet. Personne pour me dire si on peut camper là mais tout le monde insiste pour qu’on boive quelque chose en attendant. Même si la moment était collectif, l’impression de vivre un moment particulier dans la vie d’un musulman. A l’heure dite, c’est avec soulagement que chacun a pris un verre, mangé tous les mets délicieux et fumé des cigarettes.

Nous avons fini par manger là, aux frais de la princesse mais renoncé à y dormir, faute de réponse.

Ironie du sort : là où nous attendons une prestation de qualité pour un coût élevé, nous trouvons le pire « hôtel » jamais fréquenté. Et là où nous n’attendons rien, on nous honore !

Méline a encore une fois été l’objet de toutes les attentions. Les femmes sont littéralement hystériques (« so beautiful », « so nice »!!!) et passent leur temps à la prendre en photo ou se prendre en photo avec elle. Ca la lasse et on la comprend ! Elle ne peut même pas manger ! Etrange sensation…

 

Vendredi 11 juillet

Hotel Al istiqomah à Simpang empat

Aujourd’hui nous n’avons fait du vélo que le matin, la troupe avait besoin de repos ! Nous avons trouvé un bon hôtel sympa pas cher avec sourire et gentillesse. Ca nous fait oublier la mauvaise rencontre avec la voleuse de la veille. Faut bien que ça arrive sinon on aurait dit qu’ils sont tous sympas.

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Le midi déjeuner avec poulet local. Pas facile de trouver des choses douces sans piments. Les enfants sont quelquefois déçus de ne pas pouvoir tout déguster. Par contre miam miam oliv est content !

Après-midi sieste et petite balade dans le marché de la city. On a fait le plein de petites choses locales. Ensuite comme chaque fin de journée nous faisons l’école aux enfants pendant une petite heure. Pour l’instant, ça se passe bien même si ça râle un peu. Bravo au métier d’instit pfff parfois c’est un peu pénible !

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Samedi 12 juillet

Aujourd’hui, nous nous dirigeons vers le village de Talu puis Tapus, ça fera déjà 2 semaines que l’on est là et ça passe vite dis donc.

Le hasard nous offre aujourd’hui une belle rencontre. Après 30 km, nous arrivons à Talu, un bourg bien paumé comme il y en a des centaines ici, mais là, on s’attendait à un peu plus. Deux routes sur la carte, on prend la plus petite (étroite) et courte (distance). On le sent pas trop alors on demande notre route : c’est un flop, on ne se comprend pas. Arrive un gars en scooter qui nous pose les questions habituelles. On lui demande si c’est la route de Panti, il nous répond non, pas du tout. En fait, quand on est passé dans le village, ils ont vus des étrangers prendre une mauvaise route alors ils ont dit à Risky (c’est le nom de notre hôte) de venir nous voir. Il parle anglais parfaitement, il ne doit pas y en avoir tant ici.

Il se demandait si on allait voir les sources chaudes. Ben non, on ne savait même pas qu’il y en avait ! Au final, il nous a fait découvrir ces sources chaudes que nous ne cherchions pas, contrairement au lac Manijau, que nous avons cherchées mais pas trouvées. Mais celles-ci ne sont mentionnées sur aucune carte et sont dans un état bien abimé. Le gouvernement a tenté de les réhabiliter mais les habitants refusent car on ne sait pas à qui appartiennt les lieux. L’eau y est à environ 40°, avec deux endroits séparés, hommes et femmes. Typiquement le genre de lieux que sans quelqu’un du coin, nous n’aurions jamais découverts.

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La fin d’après-midi s’écoule tranquillement, entre une balade en scooter pour visiter une magnifique maison traditionnelle, lieu de perpétuation de la culture ancestrale avec des instruments traditionnels, dont le gong, costumes d’apparat, salle de cérémonie magnifique. Ce n’est pas un musée à proprement parler car il n’y a pas de touristes mais une maison ouverte à tous. Encore une fois, un lieu très beau et intéressant, en accès libre, à l’écart des sentiers balisés.

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Risky a fait ses études à Denpassar, en Inde, d’où son niveau d’anglais excellent. D’une manière générale, les Indonésiens qui parlent anglais sont ceux qui ont pu étudier, donc les plus aisés. Son parcours est intéressant. Après ses études d’architecture en Inde, il a exercé quelques années à Jakarta mais en rentré reprendre la magasin familial pour s’occuper de sa mère âgée et malade. Nous sommes logés à l’étage du magasin. Les enfants sont ravis car il y a des ordinateurs (ça fait aussi cyber café) avec des jeux en ligne… et que Risky est super avec eux. Encore une fois, c’est impressionnant à quel point le contact se fait beaucoup plus facilement avec les enfants ! Là où habituellement ce sont eux qui réclament de faire les devoirs, là, il faut lutter. Ils ont envie d’aller jouer ! On ne se plaint pas, je crois que ça nous fait un peu de bien aussi qu’ils nous laissent un peu tranquilles…

La nuit a été bruyante, forte pluie qui résonne sur la tôle et beaucoup de scooters, comme partout en Indonésie. Même la nuit, ça pétarade ! Tout le monde roule en scooter pour faire le moindre déplacement. On n’a encore jamais croisé de vélo, sauf des vélos de gamins tout pourris. Du coup, il y a toujours cette odeur de gaz d’échappement latente.

Le temps n’est pas merveilleux en ce moment mais c’est peut être mieux niveau chaleur.

Aujourd’hui nous avons négocié pour que quelqu’un nous emmène en camionnette jusqu’à Pandang simpuang. C’est une longue route de montagne, assez raide et qui traverse une réserve gouvernementale (des animaux sauvages en liberté) et sur les conseils de Resky nous avons décidé de chuinter une étape de vélo. De toute façon, nous avions décidé de le faire pour le jour suivant car notre parcours emprunte la trans Sumatra highway.

A vrai dire, on est quelquefois lassés de s’essouffler dans une côte et d’inspirer à grands poumons de grosses fumées d’échappements. On évitera également les regards insistants et les photos prises en roulant. Cela dit, c’est toujours accompagné d’un large sourire plein de bonnes intentions. Ca change de chez nous où personne ne se dit bonjour, où on se croise en toute ignorance. Ewen des fois s’énerve et dit « qu’est-ce qu’ils ont à me regarder comme çà, on n’est pas des stars ».

Pour la première fois, on va donc dormir deux nuits au même endroit car le « taxi » ne nous amène que demain. Les enfants alternent entre balade en scooter, jeux sur ordi et télé. Bravo !

 

Jeudi 17 juillet

Talu – Sibolga, de la montagne à la plage

Dur métier de journaliste !

Dur métier de journaliste !

Quelques jours bien chargés et sans accès internet expliquent notre silence…Faut bien ménager un peu le suspens ! Notre hôte, avant hier, croyait qu’on était journalistes, il y a un peu de ça ! Bon, d’aucun diront qu’on n’a pas la plume, mais bon…

 

Reprenons donc le fil de l’histoire là où on l’avait laissée. Après une journée de repos, nous avons quitté Risky et Talu lundi matin pour embarquer dans un petit combi, les vélos sur le toit. Le trajet a été épique : la route était, comme prévu, « de montagne ». Ewen a été malade assez rapidement mais a gentillement vomi par la fenêtre, certes, la carrosserie en a pris un peu mais c’était correct.

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Un peu plus tard, Méline était dans mes bras quand l’envie lui a prise, Ewen allongé à côté. Résultat : il y en avait partout. Vraiment partout ! Nos trois vêtements plus mon sac à main. Ewen en avait les cheveux plein. Sympa ! Et qui dit route de montagne dit on ne peut pas s’arrêter partout. Le sketch ! C’était tellement énorme qu’on se marrait ! Nous avons fait une rapide toilette et sommes repartis pour les 270 kms jusqu’à Padangsidimpuan. Nous avons mis environ 6h à faire le trajet, musique indonésienne à fond. La trans Sumatera Highway n’atait pas ce à quoi nous nous attendions, ni plate, ni en bon état, ni trop fréquentée, bref, elle n’avait pas grand chose d’une autoroute !

Arrivés au terminal de Padangsidimpuan, belle cohue autour des vélos. Comme nous l’avait indiqué Risky, nous ne sommes plus dans la région Ouest de Sumatra mais Nord. Pour mettre les vélos sur le toit, Oliv avait dû démonter la béquille avant du pino ainsi que le siège et c’est une foule un peu oppressante autour de lui pendant qu’il bricole. Le centre de la ville n’est pas tout prêt et c’est sous une forte pluie que nous parcourons les derniers kilomètres.

Nous découvrons les bétas, ce sont des scooters auquel un side-car a été accolé.

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Une femme en béta nous interpelle, elle nous propose de venir chez elle. Nous voici donc encore une fois escortés par un scooter pour rejoindre sa maison.

Elle parle un anglais très correct, elle est lectrice à l’université. C’est parce qu’elle a vu Méline qu’elle nous a invités chez elle. Elle a quatre garçons mais pas de fille…

Comme la veille dans la famille de Risky, nous sommes invité à « break fastin », c’est-à-dire rompre le jeûne la tombée de la nuit (vers 18h30). C’est à l’école de son fils. Tous contents de partager les traditions du pays, nous acceptons, sauf qu’il s’agit d’une école coranique semble-t’il. Il me faut donc, moi femme, porter le voile et couvrir bras et jambes. Par cette chaleur et après m’être fait vomir dessus, ce n’est pas forcément ce dont j’avais envie mais je me prête au jeu. Méline aussi.

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Nous les suivons à vélo et arrivons au bout du bout d’un chemin à la dite école. Tous les enfants sont en tenue musulmane. L’imam nous demande si on est musulmans. Non ? Nous ne pourrons donc manger à l’intérieur. Ils nous installent table et chaises et nous amènent à manger puis s’en vont breakfastiner à l’intérieur. Ambiance ! Notre hôtesse est désolée de ne pouvoir manger avec nous. Ses enfants restent un peu à nos côtés mais rejoignent les autres à l’heure H. L’Imam commence alors son chant, relayé à l’extérieur par un haut parleur. Quel bonheur !!! On ne s’entend plus. La situation est finalement assez comique. Le repas se termine assez vite, heureusement car ce son dans les oreilles plus le voile et l’envie de se doucher, il nous tarde de rentrer.

 

Au retour, petit détour dans la ville pour nous la montrer puis dans la boutique de son fils aîné. Je retire le voile et commence à enlever la veste qu’elle m’a prêtée mais elle me fait signe de la garder. J’adore ! Obtempère mais commence à en avoir un peu marre…

La nuit a été charmante, un volume sonore incroyable, nous sommes juste à côté de mosquées, vraiment juste à côté. Nous sortons les boules quies, nous réveilleront la gueule dans le ….

Départ laborieux de cette ville qui nous semble poisseuse. Depuis notre arrivée à Padangsidimpuan, on nous traite de BULE (prononcer « boulet »), par opposition à BARAK qui signifie Indonésien. Cela signifie étrangers en quelque sorte. Sympa !

Départ laborieux et ardu ! Nous qui pensions descendre, nous commençons par 17 km de montée !! Belle route de montagne encore, des lacets serrés. Un camion en vrac dans un de ses lacets. Au bout de 43km à slalomer entre les nids de poule, je déclare forfait dans une côte:

  • Que cherchez-vous ?
  • Un hôtel. C’est loin ?
  • Oui, il faut retourner dans la ville 10km avant.
  • Impossible. Un endroit pour dormir ? Où poser notre tente.
  • Ben ici, si vous voulez !
  • OK

On ne se fait pas prier même si la route promet d’être bruyante. On plante nos tentes devant leur maison, sur la terre glaise.

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L’amie qui nous a invités et qui parle anglais s’en va. Petit à petit, la glace fond avec nos hôtes qui sont très chouettes. Au final, nous avons pu nous doucher et ils nous ont fait à manger. On a passé une très bonne soirée en leur compagnie et avec les gens de passage (elle a un cabinet infirmier), avec nos quelques mots d’anglais, on a appris à se connaître, en toute simplicité. On a bien rigolé de nos incompréhensions mutuelles.

Ils sont protestants. Les églises alternent ici avec les mosquées. La voisine est musulmane, l’autre catholique. Ca fait du bien cette diversité de confessions.

 

Nuit pas terrible encore, la route est si bruyante ! Les camions font trembler le sol. Réveil à 7h car une autre bonne journée de vélo nous attend. Malgré nos refus, ils nous offrent aussi le petit déjeuner.

Matinée suivante : 35 km de descente jusqu’à la mer.Voir la mer, premier bain salé, ça fait du bien !!

Notre destination étant Sibolga, nous reprenons les vélos, promettant aux enfants que nous allons trouver un hôtel au bord de mer. Malheureusement, Sibolga n’est pas la destination rêvée, au contraire : grosse ville, centaines de personnes oppressantes. Dès que nous nous arrêtons pour demander des indications, nous avons l’impression d’étouffer… et il n’y a pas de plage ! Nous décidons finalement de rebrousser chemin, tant pis pour les 20 km de rab, c’est du plat, et nous avons trop envie de plage et de calme. La ville nous étouffe.

Vers 17h30, après bien des hésitations, nous nous posons à Pandan Carlita hotel, pour notre plus grand bonheur. 60 km de vélo dans les pattes, 43 la veille, les tentes trempées et les vêtements raides de sueur. L’image est ici carte postale, dans la baie de Sibolga. Les enfants sont dans l’eau depuis hier soir.

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Nous tenterons demain de retrouver un pick-up pour nous rapprocher du lac Toba car on nous promet encore une montée vertigineuse.

 

Quotidien
Au fait, ici, un petit déj’, c’est ça :

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Et la salle de bain :

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Samedi 19 juillet

Soleil couchant sur le lac Toba

Soleil couchant sur le lac Toba

De la mer au lac

Nous voici à Parapat, le pick-up ayait insisté pour nous conduire jusqu’au ferry qui permet de traverser le lac pour rejoindre l’île. Ce grand saut nous avance de plusieurs jours mais le trajet a été assez douloureux pour nos fesses, les enfants sur les genoux pendant six heures. La route était particulièrement abîmée. Et oui c’était un vrai tape-cul pendant 66 Km de montée.

Arrivés aux abords du lac Toba, on sent des différences : beaucoup moins de « hello mister », les gens ici semblent plus habitués aux étrangers, d’ailleurs, parmi la population, on sent plus de métissage, moins de femmes voilées et moins de mosquées, des étales de marchés et de magasins mieux achalandés et des vendeurs qui parlent un peu anglais, une chaleur moins moite, des nuits moins chaudes. On a même vu nos premiers touristes !!! Ah oui et j’oubliais : de la bière au frais 😉

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On attend un peu pour traverser le lac, envie de visiter un peu ce côté-ci qui semble délaissé par les touristes, pressés de rejoindre l’île. Nous sommes dans un petit Guest house, encore une fois vide. Situation incroyable : pour 100.000 roupies (environ 6€), on a une grande chambre avec salle de bain et lit king-size où on dort à quatre, un hall d’entrée avec salon et salle à manger et un immense jardin avec vue sur le lac.

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Aujourd’hui petite journée tranquille, on prend le temps de vivre. On a quand même pris les vélos pour une bonne montée sur 10 km pour aller voire les Monyets (singes). Distribution de bananes au programme : c’était très amusant. Ewen a voulu essayer mais les singes sont tellement vifs et près à vous monter dessus pour une belle banane que ça l’a refroidit un peu. Petit moment avec nos ancêtres très sympathiques qui laissera de bon souvenir !

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La journée se finit par une belle descente (la même que l’on a montée) pour aller piquer une tête dans l »eau.

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Nous avoins repéré un petit chemin, il donnait dans une petite communauté d’indonésiens fort sympathiques et gentils, mais ça devient une habitude ! Nous voilà embarqués dans une descente vertigineuse. A mi-chemin, on nous conseille de laisser nos vélos et de finir à pied ; sage désision je crois ! « no problem for the bikes » . Et c’est vrai qu’avec eux on a assez confiance bizarrement plus qu’en France. Baignade dans une petite plage magnifique où habite une famille batak, juste au bord de l’eau.

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Allo ici Tuk Tuk

 Dimanche 20 juillet

Ce matin nous nous levons assez tôt, 7h petit dèj et rangement, avant de se rendre sur le port pour prendre le bateau direction Tuk Tuk sur la presqu’île de Samosir du Lac Toba. On met les vélo sur la petite embarcation en bois et attendons 45min qu’il se passe quelque chose. Une fois embarqués une dizaine de personnes à bord, nous voilà partis. Traversée relaxe qui laisse le temps de savourer l’horizon.

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Arrivés à Tuk Tuk, on nous fait signe de descendre avec nos vélos. Et là étonnamment, nous sommes les seuls à descendre. Nous arrivons sur un quai tranquille où il n’y a pratiquement personne.

Nous avions repéré sur des sites un guest house du non de Bagus Bay, nous allons voir 200.000 Rp la nuit, accueil moyen et style un peu trop surfait qui ne nous convient guère. Quelques min plus tard, nous nous arrêtons au Liberta home stay, style beaucoup plus authentique, accueil plus sympa, pour 50.000 RP (3euro) c’est donc là que nous nous installons. Première discussion avec des blancs et en français pour nous, ça nous fait drôle, c’est la première fois en 15 jours. Suit un bon déjeuner sur une belle terrasse bois bambou avec boisson fraîche, ça commence à devenir luxe. On en profite un peu se disant qu’en Australie le coût sera beaucoup plus élevé et nos moyens financiers ne nous le permettront pas. Ici, on peut même se baigner au fond du jardin ! Le pied non ?

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Non, c’est une blague, ça c’est un des nombreux hôtels de luxe de l’île !

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C’est pas mal non plus…et ça nous correspond mieux.

 

Toba-Brastagi

Mercredi 23 juillet

 Trois jours de quasi farniente. Enfin, faut dire vite car lundi, on a fait 50 km le long de la superbe route côtière qui mène au Nord de l’île. Hier, 14 km laborieux sur la route pas trop côtière et en très mauvais état vers le Sud. Aujourd’hui, rando à pied direction les montagnes, c’est-à-dire le centre de l’île. Nous n’avons malheureusement pas pû arriver en haut, stoppés par une falaise abrupte.CIMG0462  CIMG0458

C’est plein les yeux de beaux paysages et ressourcés du calme du Liberta que nous replongeons demain dans le grand bain, direction Medan.

 

Les volcans

Vendredi 25 juillet

 

Après plus de 100 km, nous voici arrivés à Brastagi, fourbus. Hier, nous avons pris le bateau de Simanindo à Tigaras. Le trajet du port aux montagnes a été particulièrement raide, dûr moralement pour Ewen de monter pendant plus de 20 km. Mais la route était très belle, surplombant le lac Toba ; et pas trop fréquentée.

Hier soir, après 48 km, pour la première fois, nous avons eu beaucoup de mal à trouver l’hospitalité. Une dizaine de refus. Jusque là, les gens à qui on demandait de l’aide se pliaient en quatre pour nous aider.. Il a fallu insister lourdement pour pouvoir dormir à côté d’une église à Pematang Purba. On nous a finalement ouvert les portes d’une salle de cathé. Peu de contact avec les habitants, dommage.

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Aujourd’hui, la route a été plus facile, mais plus fréquentée et moins belle. 54 km. Nous retrouvons les déchets jetés au bord de la route et l’odeur qui les accompagne, ainsi que les bonnes bouffées de gaz d’échappement et les klaxons incessants pour nous dire bonjour ou pour prévenir qu’ils nous doublent. Le calme de Samosir n’est plus. Dans les champs, du maîs actuellement récolté, des tomates, des mandarines. Et toutes ces productions vendues sur le bord de la route.

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Brastagi est posée au pied des volcans. Le panorama est joli, plusieurs sommets nous entourent. Nous allons essayer de nous en approcher demain.

 

Volcans en vue

Aujourd’hui nous avons donc pris un guide pour nous emmener sur le volcan Sibayak. La montée jusqu’au pied du mont s’est faite en taxi spécialement affrétée pour nous . Nous avons eu droit un chauffeur Rasta et qui pour une fois avais une conduite plutôt cool. Ca fait du bien de temps en temps, ça a été très appréciable. Ensuite petite marche 1h 30 pour arriver au niveau de soufrières. C’est très impressionnant quand on en a jamais vu, très bruyant aussi. Les enfants sont montés comme des fusées maintenant qu’ils ont des jambes bien affûtées. Pour la descente, Méline a su utiliser son charme naturel pour avoir un bon chevalier servant qui l’aide pour les passages délicats. Je crois qu’elle en a abusé un peu mais cela faisait bien rire notre bon guide.

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Nous sommes arrivés ensuite dans une « hot spring » (source chaude au pied du volcan) avec plusieurs bains plus ou moins chauds. Les enfants se sont bien amusés, les parents aussi d’ailleurs.

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Pour finir cette matinée pour une fois bien organisée et programmée, nous avons visité un temple bouddhiste. Ambiance très calme et détendue avec plein de bonnes odeurs d’encens. Voila, la matinée se finit très calmement, en douceur par notre chauffeur aux dreadlocks.

L’après midi s’est suivie par un festival musical sur une place du marché. Là, l’ambiance est étrange pour nous car très peu ou pas applaudissements. Puis une petite séance d’école au Guest house où nous sommes installés.

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L’avion pour Sydney est jeudi. Demain, nous reprenons la route pour les 65 km restants. On a trois jours, ça devrait aller !

 

ça sent la fin… et la faim

Lundi 28 juillet

Hier était le dernier jour du Ramadan, jour de fête pour les Musulmans. Après le spectacle folklorique de fin d’après-midi, il y avait un concert plus rock le soir.

Mais pas plus d’ambiance aux applaudissements.

La route Brestagi – était cool, enfin pour les mollets : 30 km avec quasiment que de la descente. C’est les mains qui ont fatigué ! Et les freins.

On a tenté de s’arrêter à un parc d’attraction qui n’était pas trop cher mais l’hôtel à côté… gratiné : 1800000 RP, un record. Ramené en euros, ça fait plus de 100€.

Nous nous sommes posés dans un petit hôtel pas extra, mais le long de la rivière, où les Indonésiens viennent se baigner en nombre. Nous les avons rejoins pour nous rafraîchir. Nous avons quitté la fraîcheur des montagnes pour retrouver la chaleur moite des plaines. Medan n’est plus qu’à une trentaine de Km. Nous observons les coutumes de jeter tout à l’eau avec un peu de dépit… Pas super agréable de se baigner à côté des boites de pâtes, paquets de cigarettes, sacs plastiques, peau de durian (gros fruit qui pique). On s’y baigne, lave, on y fume.

On a bien fait de s’arrêter tôt car un gros orage vient d’éclater, impressionnant ! La rivière est devenue boueuse.

Par contre, pas grand chose à faire avec ce temps. Et la chambre vraiment petite. On connaît notre première soirée d’ennui… Couchés à 20h, faute d’occupation. C’est pas glorieux, mais c’est aussi ça le voyage, des temps mort parfois.

Mardi 29 juillet

20 km, encore quasiment que de descente. On s’arrête avant Medan, à S, à côté d’un parc aquatique. On vient de se rendre compte que le 1er aout n’est pas jeudi mais vendredi ! On avait déjà pris de la marge, mais là, c’est carrément super large. On ne sait plus quoi faire de notre temps. On a donc tenté le parc. Bon, on va faire nos blasés, mais on ne s’est pas sentis trop en phase avec leurs loisirs : karaoké, musique à fond, blindé de monde, tout le monde se baigne habillé avec des énormes bouées, mange et fume dans la piscine. A un moment, grosse hystérie : des vagues dans la pataugeoire, enfin, des vaguelettes…

Mercredi 30 juillet

Levé tôt ce matin, il y avait tellement de circulation hier qu’on a pris une option pour éviter la foule. La route en double sens se transforme presque en 3×3 voies !

15 km et nous voici à Medan à 7h du mat’, encore une journée à tuer le temps. Le centre ne nous botte pas plus que ça, même si c’est moins l’anarchie qu’à Pekanbaru. Tuer le temps ? On fait des choses pas habituelles pour nous : errer dans les rues, manger des glaces, aller dans un centre commercial, voir un film en 5D. On occupe les enfants, ils sont contents.

« Drame » du mercredi soir : Ewen vient de perdre sa tongue en tombant dans un trou d’égout (non, il n’est pas tombé dans l’égout, c’est juste sa jambe qui s’est coincée entre deux plaques de trottoir). Il est tout malheureux. Ici, la vigilance est de mise à chaque pas.

 

Mais pourquoi la faim se disent-ils ?

Bon, on doit vous avouer qu’au bout d’un mois de Nsai-Ayam à chaque repas (Riz-poulet), on sature. Sauf que pour trouver autre chose, pas facile ! Ce soir, on a mangé des burgers et des spagettis bolo. Bravo !
Difficile départ !

Est-il besoin de tout raconter ou pas ? Il y a des journées comme celle que l’on vient de passer que l’on aimerait oublier vite ! Mais encore une fois, il faut relativiser et accepter les aléas du voyage. Disons que ça nous fera des anecdotes à se souvenir et une bonne expérience.

1er août au matin, départ de notre hôtel du centre de Medan direction l’aéroport Kuala Namu, à 30 km. La route est de plus en plus belle  – large, en bon état, avec des arbres sur les côtés et surtout, pas trop de circulation- à mesure que l’on s’approche de l’aéroport, notre trajet le plus agréable de toute l’Indonésie.

Presque arrivés à l’aéroport, on arrive à un péage, et là, premier barrage, ils ne veulent pas nous laisser passer à vélo. On leur explique que l’on veut mettre les vélos dans l’avion pour partir en Australie, et cela ils ont du mal à le concevoir. Il faut absolument une plaque d’immatriculation pour aller plus loin. Un peu de patience, on a appris en Indonésie à laisser faire les choses, et puis un jour avant, nous ne sommes pas pressés. Finalement, ils nous laissent passer et nous voilà repartis.

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Arrivés dans l’aéroport tout beau tout neuf, construit au milieu de rien, nous sommes venus en repérage, prendre quelques infos pour notre départ et surtout pour nos vélos, Air Asia nous informe qu’ils devront être emballés. Après avoir longuement hésité à dormir sur place, dans le hall de l’aéroport, nous décidons de nous rendre dans le bourg le plus proche, situé à une quinzaine de km pour passer une dernière nuit dans un hôtel. La chaleur est accablante, on serait bien resté dans l’aéroport à l’air climatisé mais le temps jusqu’à l’embarquement le lendemain à midi aurait été trop long avec les enfants… Nous trouvons un gérant super très sympa à qui nous demandons des emballages plastiques pour nos vélos. Ils nous en donne sans soucis. Nous passons notre dernière soirée tranquille à Lubuk Pakam et nous trouvons de bons petits plats à déguster. Cependant une légère appréhension pour le lendemain, la chaleur encore étouffante dans la chambre un peu miteuse et sans clim et le lit pour quatre ne favorisent pas trop le sommeil !

Le lendemain réveil à 6h, départ 7h pour nous rendre une deuxième fois à l’aéroport. Et là, rebelote, même histoire pour passer le premier barrage du péage. Et même conclusion : finalement ça s’arrange et nous continuons la route à vélo jusqu’au terminal. Il est 8h, nous commençons à démonter les vélos et à les emballer. Mais le scotch ne tient pas bien sur nos bâches, du coup nos emballages sont plutôt merdiques.

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Embarquement à 10h30 : cela se passe bien avec Air Asia, ils acceptent nos emballages plus que médiocres. On casse une graine dans l’aéroport à 11h30. Décollage à 12h. Deux heurs plus tard nous arrivons à Jakarta où nous récupérons nos bagages et nos vélos en bon état malgré l’état déplorable de leurs emballages. Arrivés au terminal 3 (low cost), nous devons changer de terminal pour les vols internationaux, c’est le terminal 2 ! Rien de bien compliqué en soin puisqu’il existe un bus spécial et gratuit pour si rendre. Mais ils sont toujours blindés et avec notre chargement, ça devient vite la galère. Du coup nous allons retiré une première fois de l’argent pour prendre un taxi pour changer de terminal à 10 min en voiture. Nous angoissons pour le poids de nos bagages : Air Asia a compté 108 kg et Qantas en autorise 92… nous décidons de prendre des kilos supplémentaires sur le net. Cela s’avère d’un cout élévé (366$) mais c’est presque deux fois plus cher si on attend l’embarquement.

Pendant que Solenn se dépatouille pour trouver une imprimante pour imprimer le justificatif de kg supplémentaires, je reprends l’emballage des vélos avec de la ficelle. L’emballage devient presque potable. Nous passons une première barrière électronique. Nous stressons un peu parce que nous n’avons pas encore vu d’informations sur notre vol. Mais le comptoir d’enregistrement est ouvert. Le guichetier nous informe que sur les vols Qantas, les vélos- dont je viens de passer 1h à reprendre l’emballage ! – doivent impérativement être en carton. Et ces cartons sont vendus 25 $ l’unité. Nos vélos ne passant pas dedans, il faut tout défaire et les démonter encore un peu pour qu’ils puisssent rentrer. Finalement, selon Qantas, nos bagages ne pèsent « que » 90 kg, ça passe donc sans supplément de poids. Ce supplément qu’on a acheté juste avant ne pourra être remboursé. Dans l’c.. lulu.! Bizarre les écarts de poids entre les compagnies, c’est complètement aléatoire.

Ensuite c’est pas fini, il faut payer les demandes de visa pour l’Australie avant d’arriver. Ca sent légèrement l’arnaque car il nous semblait qu’il n’y avait pas de visa payant pour l’Australie, mais nous avons un doute… et pas le choix, alors nous payons. A cela s’ajoute encore une taxe d’aéroport sortie du chapeau. Et comme ils nous disent tout ça au fur et à mesure, il nous faut à chaque fois aller retirer de l’argent, et au bout d’un moment, notre carte Masercard, ou est-ce les distributeurs ne veut plus nous donner de sous. Solenn commence un peu à craquer et finalement la dame nous fait cadeau de quelques 10 000 roupies car nous ne pouvons plus retirer.

Avec tout ça, l’heure passe vite, les enfants livrés à eux-mêmes depuis 4 ou 5 heures. Méline n’est pas très en forme depuis le vol précédent, un peu barbouillée, chaude, diarrhée et envie de vomir. Elle réclame d’aller aux toilettes souvent.

Alors que nous pensons en avoir fini de nos galères, nouveau barrage avec l’immigration qui nous fait bondir : nous ne pouvons pas passer car nous avons passé 31 jours, et non 30 en Indonésie. Arrivés le 2 juillet, nous sommes le 1 août…implacable… Malheureusement, à force de retirer du liquide, notre carte gold ne peut plus, et ils veulent du cash, bien sûr ! Stress et nervosité, nous sommes au bord du pétage de plomb. A l’immigration, ils ne sont pas là pour faire des cadeaux, et sont franchement pas aimables. Il faut payer une amende de 300.000 roupies par personne par jour de trop, et l’avion est dans 45 min. Heureusement, nous avons une deuxième carte bancaire, mais qui nous coûte plus cher à chaque retrait. Je cours une dernière fois au distributeur pour retirer, pour la énième fois, du liquide. Ça passe, ouf ! Encore un autre barrage, on nous demande nos passeports. On commence à douter de sortir un jour d’Indonésie !Quelques mètres plus loin, nouveau barrage, on nous fouille nos bagages à mains. On arrive devant la salle d’embarquement à moins de 25 min du décollage, et pour une dernière fois présentons passeport et carte d’embarquement. L’avion décolle à 20h20 comme prévu, avec nous et nos bagages à bord, nous sommes lessivés nerveusement … et heureux de s’envoler pour l’Australie !

Nous quittons l’Indonésie sur une note très amère et un bilan assez mitigé, il faut le reconnaître.

Les routes que nous avons empruntées on souvent été désagréables à cause de la circulation, des gaz d’échappement, des « hello misteeeeeeerrrr » (« j’suis pas un mec bordel » dit Solenn), des déchets dégageant de très mauvaises odeurs.

On garde quelques très belles rencontres : Adit et sa famille, Risky et son super accueil, les gens du Liberta au lac Toba et tous ceux avec qui on a pu dépasser le stade du « hello mister, how are you ?, where do you come from ? Nous ne conseillerions pas l’Indonésie à vélo. Il y a de très beaux endroits à découvrir mais il vaut mieux s’y rendre en voiture !

 

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Un commentaire

Une réflexion sur “1> Indonésie

  1. merci pour pour cet article plein d infos intéressantes !

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