8> Pérou

 

28 février

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Passage de la frontière sans problème. Nous avons même obtenu un visa de 90 jours, ce qui va nous éviter de courir après les administrations péruviennes.

Malgré le fait que nous longions le lac, le paysage est monotone et la route assez plate. Les chiens sont agressifs et les voitures klaxonnent. Notre première nuit n’est pas extraordinaire, il pleut des cordes quand nous arrivons à Juli. L’hôtel, un peu vite choisi pour se mettre à l’abri, est médiocre, la chambre minuscule et sans fenêtre. Bon, dans ces cas là, on se dit que le lendemain sera meilleur et on regarde un petit film sous les couvertures pour se réchauffer et se changer les idées.

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Le Mont St Michel, avant son urbanisation… 😉

Le jour d’après n’est pas beaucoup plus folichon, même route plate, mais on arrive à Puno et, par chance, dans un hôtel aux patrons aux petits soins pour nous et très intéressants. On peut enfin avoir une connexion internet, on apprend que nos amis cyclo français, les Jujugazou et Séb et Marie sont à Juliaca, à seulement 45km ! Nous qui pensions qu’ils avaient filé beaucoup plus avant. L’occasion est trop belle pour ne pas les rattraper, mais nous prendrons tout de même un jour pour nous rendre aux îles d’Uros, les fameuses îles flottantes du lac Titicaca. Nous craignons le piège à touristes mais Ewen a envie depuis tellement longtemps de voir ces îles en roseaux « qu’on découpe quand on ne veut plus être sur la même île », qu’on ne peut pas faire l’impasse.

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La promenade est belle et le village flottant aussi. On nous explique comment sont fabriquées ces îles, à partir de racines. Nous sommes assez sceptiques, la sensation d’un théâtre avec des figurants, dont l’objectif est d’obtenir le maximum d’argent des touristes. C’est du dysney land péruvien. La mise en scène est assez pesante et nous ne verrons ni écoles et ni hôpitaux. Nous embarquons sur un bateau en roseaux qui nous dépose « à la capitale », où il y a d’autres vendeurs et un restaurant sans vraiment d’intérêt et trois fois plus cher qu’à Puno.

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Nous nous consolons à Puno avec un super resto, la Choza de Oscar, où nous mangeons raffiné pour pas si cher, avec un spectacle de musique et danse traditionnelles qui nous en met plein la vue.

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Le lendemain, nous filons direction Juliaca essayant de rattraper nos amis. Les 2 jours qui nous séparent ne seront pas faciles à rattraper. Nous nous hâtons de passer Juliaca, à qui nous décernons le titre de « ville la plus moche d’Amérique Latine », notre réchaud déconne, ça pue les poubelles et la charogne… ça nous rappelle l’Indonésie.

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Nous dépassons Juliaca, encore une vingtaine de km et plantons nos tentes près d’une famille bien sympathique. Dans la nuit, nos hôtes viennent s’enquérir notre état, inquiets qu’on soit mouillés par la pluie intense. Au matin, il pleut encore, ils nous invitent à déjeuner chez eux, nous offrent du thé à la sauge, nous montrent des films du carnaval. Il est 11h quand nous levons enfin le camp.

Vers 12h30, Oliv aperçoit un gars salement blessé, le visage tuméfié, l’œil gonflé et surtout une fracture ouverte au tibia. Son pied touche ses fesses, dans une position anormale. L’homme a perdu beaucoup de sang. On ne sait pas depuis combien de temps il gît là mais il souffre tellement qu’il est incapable de parler.

Blessé comme il est, nous préférons ne pas le déplacer. Nous tentons de stopper des voitures pour appeler des secours ou le transporter à l’hôpital. Celles-ci passent en trombe malgré nos appels au secours, pourtant, nous sommes au milieu de la route. Nous réussissons à stopper deux mobylettes (elles roulent moins vite), ils paraissent conscients de l’état d’urgence mais cherchent surtout à comprendre ce qui s’est passé… renversé par une voiture ? ..Tabassé par des hommes ? Pour nous, peu importe, il a avant tout besoin de soins. Les rares gens qui s’arrêtent nous quittent bien vite en disant qu’ils vont prévenir les secours. Les heures passent, mais pas l’ambulance… Nous sommes dégouttés, nous sentons impuissants. Nous restons aux côtés du blessé, confiants dans le fait que les secours vont arriver. Un douanier passe, même scénario : pas de réseau, je vais appeler un peu plus loin.

Quel supplice de voir cet homme agoniser, les minutes sont longues, les enfants ont faim mais nous n’avons pas le cœur de faire à manger. Ces centaines de voitures et camions qui passent en trombe, non sans oublier de klaxonner. Nous sommes écœurés, les larmes aux bords des yeux. Qu’est-ce qui nous échappe ? Comment fonctionnent les secours dans ce pays ? Pourquoi personne ne se préoccupe de ce pauvre homme ? Que s’est-il passé – quelque soit l’hypothèse, la cause de la souffrance de cet homme est humaine, comment peut-on faire ça à un homme et le laisser pour mort ? Il y a des choses que nous ne pouvons pas comprendre, avec notre culture d’occidentaux, la souffrance ici est peut-être plus ordinaire, le temps ne s’écoule peut-être pas de la même façon.

A 16h, nous nous décidons, la mort dans l’âme, d’aller chercher le fameux douanier qui n’est pas réapparut. Où est la douane ? Les gens nous regardent comme des ahuris, pas de douane ici. Mais d’où sortait-il donc ? Deuxième village, un gars nous indique en rigolant, la douane… c’est un petit magasin, pas de douane ici. Nous sommes hallucinés, et enragés.

Parcourant les 14km qui nous séparent de Pucara, nous sommes amers d’avoir attendu autant de temps pour rien, nous nous en voulons de ne pas avoir pût soulager sa douleur. La réalité nous apparaît comme déformée par notre amertume ; ces enfants qui nous réclament des sous, ces chiens qui nous sortent les crocs et sur lesquels je me venge en les « gazant » à la bombe moutarde. A Pucara, nous allons à la police. Stupeur, personne ne les a prévenus. Qu’on fait les gens que nous avons arrêté ?? Le policier, s’il semble concerné par le problème, n’est pas plus pressé que ça d’intervenir, il veut en savoir plus sur nous, notre voyage. Nous n’avons qu’une chose en tête : que cet homme soit secouru. La boule au ventre, nous posons nos sacoches dans l’hôtel en face du commissariat et partons manger. Le cœur n’y est pas. Mais quand nous repassons devant la police, l’homme est là, ils ont finalement trouvé un camion à bestiaux pour le ramener, ils s’apprêtent à le transférer dans le pick-up de la police pour l’amener à l’hôpital d’Ayaviri. L’homme est encore éveillé, malgré ces heures de souffrance.

En revenant de manger, nous croisons un Vénézuélien à vélo. Nous l’invitons à partager notre chambre, ça nous change un peu les idées.

Le lendemain, journée vélo franchement pas rigolote, il pleut pendant des heures, pas d’abri, pas de refuge, il faut continuer. Nous avons hâte de rattraper les copains, histoire de tourner la page de ce mauvais épisode. A Santa Rosa, nous arrivons trempés. Les vêtements sont mis à sécher dans la chambre d’hôtel. Pas le goût de planter la tente quand il fait ce temps-là, on a besoin d’une douche chaude pour se détendre. Les jujugazou étaient dans le même hôtel hier soir, nous sommes proches !

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Le jour suivant, ça monte, lentement, mais surement, jusqu’à 4338 m. Encore de la pluie ! On commence à saturer. Pas le goût de s’arrêter à Aguas Calientes pour profiter des eaux thermales. C’est un peu la fuite en avant pour ne pas se prendre les grains.

Ce n’est que le sur-lendemain que nous retrouvons les jujugazou. On a failli se louper. Nous visitions le temple de Wiracocha, on les aperçoit d’en haut.

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Le temple de Wiracocha (qui n’en est pas un !)

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Nous enfourchons les bici et finissions par les rattraper ! Cool.

Hasard ou pas, cette journée de vélo est sèche, pour la première fois depuis qu’on est au Pérou. Le paysage est aussi plus beau, nous sommes dans une petite quebrada. La chambre à Urcos est bien pourrie mais qu’importe, on a de la compagnie et on prend ça à la rigolade.

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La perspective d’arriver demain à Cuzco nous enchante, nous espérons pouvoir nous reposer, après tous ces jours à ne faire que pédaler. Depuis Copacabana, il y a plus d’une semaine, nous n’avons pas pris de repos et les heures passées sur le vélo ne semblent pas avoir de sens.

Arriver à Cuzco se mérite, 25 km d’entrée en ville, c’est long, c’est long ! La banlieue est moche et elle pue. Sympa l’arrivée dans ce haut lieu touristique.

Depuis dimanche 8 mars, nous sommes à L’estrellita, une jolie petite auberge avec une grande cour où les enfants profitent d’avoir du temps et des copains. Le centre historique de Cuzco est une perle, il y reste des vestiges de la civilisation inca. On prend du bon temps.

Le treck du Salkantay

Nous avons du mal à nous décider sur la manière d’entamer l’ascension du Machu pichu. La voie la plus simple, en train, est à un coût prohibitif. Tout est fait pour compliquer la vie du touriste et l’inciter à y aller en train. Julien et Julie avaient envie de faire une excursion à pied pour changer, on a suivi le mouvement. Nous allons donc faire le treck du Salkantay. Les bagages sont transportés à dos de mule (enfin, sur le papier…)

Réveil à 4 h du mat’ pour rejoindre en minibus Mollepata. Ciel assez chargé et ambiance un peu lourde, il nous faut suivre le groupe. Photos, présentation etc… tout cela ne nous correspond pas trop et nous avons l’impression d’être un peu des moutons au Club med (sans le confort!).

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La marche est assez rapide, le cheval prévu pour la petite Zoé, 3 ans, n’est pas là. Quelle bonne surprise ! Le guide nous dit qu’il faut prendre un taxi pour chercher le cheval, à 30 min. Premier imprévu et première prise de bec avec le guide. Nous lui expliquons gentillement que le cheval était prévu dès le début et que nous avons pas envie de faire de la voiture, on vient randonner. Ils feront ce qu’ils peuvent pour descendre le cheval jusqu’à nous. L’arrivée à Soraypampa, 3850m, est glaciale. Les tentes sont alignées sous un grand hangar. L’effectif est de plus de 30 personnes, sans compter le personnel (guides, cuisiniers, muletiers). Pour la solitude en pleine nature, on repassera.

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Cette première journée fut assez rude, la deuxième sera encore plus difficile : superbe montée, 1000m de dénivelé, pour passer le col (4600m) du Salkantay qui domine à 6264 m d’altitude. La descente- 1000m dans l’autre sens- dans les cailloux fini de nous torturer les jambes. Nous découvrons notre petite Méline exceptionnelle. Malgré quelques pleurs de jalousie d’envie d’être sur le cheval, elle aura marché tout le long. Le soir, nous campons dans un bel endroit mais le terrain est très très boueux et les tentes prennent l’eau. Le lendemain, nous sommes crevés, des courbatures partout. Nous qui pensions présomptueusement être physiquement plutôt entraînés, la marche n’utilise pas les mêmes muscles, les jambes sont du béton, pas facile de marcher. Heureusement, nous ne marcherons que le matin pour nous rendre à Santa Teresa. L’après-midi, nous profiterons des eaux chaudes thermales. Un plaisir et une belle détente pour tout le monde. Cela nous aidera à la récupération. Le soir, le camping organise une petite soirée avec feu de camp. Bof, ambiance club med qui nous plaît guère. Et une nouvelle surprise nous attend, le guide nous apprend qui faut porter toutes nos affaires (5kg chacun, mais dans des sacoches de vélo, bien sûr!)… On se prend la tête une nouvelle fois avec le guide car l’agence ne nous avait pas du tout prévenus de ça. Cela se termine bien car l’agence accepte de prendre en charge le transfert de nos bagages par train à ses frais.

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Dernière journée sur le plat, le long de la voie ferrée jusqu’à Aguas Calientes, la ville hyper touristique du Machu picchu où tout est hors de prix, et le décor un peu en carton pâte. Hôtel en travaux mais correct sauf pour nos amis les jujugazou qui héritent d’une chambre miteuse qui sent le moisi. Une nouvelle fois, Julien se met en colère en disant «  la habitacion, es la mierda ». Moi (Oliv), je me tords de rire, ça devient caricatural, on à l’impression d’être les « gros cons de Français ». Le rire est un peu jaune quand même. C’est probablement la dernière fois que nous nous inscrivons dans quelque chose de tout organisé. Nous préférons la liberté, nos rencontres imprévues que nous offrent nos grandes virées en vélo.

Le lendemain nous prenons le bus pour monter jusqu’au pied du Machu Picchu. Levés dès 4h pour faire la queue et être aux premières loges avant l’arrivée des hordes de touristes. Le Machup’ accepte jusqu’à 6000 personnes par jour, en saison haute (enfin, 2500 selon la version officielle !). Nous serons donc les premiers, beau spectacle à 6h du mat’, aucun touriste en vue. Malgré le temps très mossade, le spectacle est fabuleux et nous profiterons du guide spécialement affecté pour nous 8 pour découvrir cet endroit mythique. Les nuages renforcent le côté mystique du lieu.

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Milieu d’après-midi, nous redescendons à pied jusqu’à Aguas Calientes. Encore une fois, nos guibolles chauffent et c’est bien fatigués que nous terminerons notre périple, avec pour finir train et taxi pour rejoindre la ville de Cusco.

Cette excursion toute organisée aura été pour nous une bonne expérience, la marche à pied pour changer. Mais cela nous conforte encore dans notre décision de nous déplacer à vélo, au gré de nos envies et rencontres. Ca fait de notre voyage quelque chose qui nous ressemble et nous convient beaucoup mieux.

Nous allons quitter nos amis les Jujugazou, qui vont prendre l’avion pour les USA pendant que nous prévoyons une dernière virée à vélo dans la vallée sacrée, aux alentours de Cusco.

PS : a propos de Cusco, nous n’avons rien raconté. Or il se trouve que c’est une ville très belle et intéressante. Nous faisons un peu les feignants en vous suggérant le très bon article de Julien ( 😉 ) sur jujugazou.com (cliquez ici).

Et si vous attendez un peu, sur ce même site, vous pourrez peut-être voir la vidéo du treck !

Tripe vélo en vallée sacrée

Le treck du Salkantay nous a laissé un goût de trop peu et l’envie de retrouver notre liberté. Nous repartons donc pour quelques jours de vélo direction Pisaq, très beau bourg bien touristique. Ici nous nous plaisons à arpenter les rues où sont concentrés de petits vendeurs de souvenirs. Le touriste ici est différent de celui de Cusco, style hippie, en vêtements traditionnels péruviens, ou baba cool, dred locks.

Pisaq est un site archéologique inca important, situé quelques km plus haut. On nous dit que l’entrée du site est à 4 km. Ayant flané en ville, nous montons un peu tardivement, la côte est raide, la nuit tombe vite et au bout de 6 km ne nous sommes toujours pas arrivés… Nous croisons quelqu’un qui nous dit qu’il reste encore quelques km et qu’il est compliqué de planter sa tente au point de contrôle. Par chance, cette famille nous accueille dans une bâtisse en terre battue où nous dormirons sur des paillasses. Ca tombe à pic, nous sommes fatigués par les deux grosses montées de la journée et la froideur ne nous motive pas trop à monter nos tentes et surtout de nuit. Dîner et dodo assez tôt pour pouvoir décoller le lendemain à 7h en taxi. Le matin, nous attendrons le taxi qui ne viendra pas, pas de souci, nous en trouverons un autre par le biais de notre ôte, il nous emmènera jusqu’à l’entrée du site. La billetterie n’étant ouverte, nous rentrerons sur le site sans bolletos (billets). A cette heure, personne sur le site. Nous profitons donc seul des belles ruines avant l’arrivée massive des cars de touristes. Le site est grand, perché en haut de la montagne, la vue sur la vallée est magnifique. Nous sommes ravis d’être à l’inverse du flux touristique.

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Nous récupérons nos vélos et continuons notre route vers Urumbamba et la visite les Salines de Maras. Endroit assez spectaculaire, de par la grandeur et le nombre des bassins de sels (plus de 1000 bassins), même si, en cette saison des pluies, le sel n’est pas récolté, les salines sont donc moins blanches, c’est beau quand même.

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D’Urubamba, il nous faut gravir la montagne, corriace montée de 10 km. Ici, les gens nous sommes complètement paumés dans les km : un homme me dit que Maras se trouve à environ 4 km, nous en ferons finalement 14 ! 10 km de plus, c’est sûr, ce n’est rien pour eux qui ne circulent que motorisés. Mare de ces côtes infinies, les klaxons commencent à nous lasser aussi.
Heureusement, nous allons trouver chez Georges, à Maras, le refuge dont nous avions besoin. Il a ouvert il y a quelques mois un hospedaje. L’endroit fait aussi galerie d’art et vente d’artisanat. Georges est une belle personne, généreux et jovial. Il organise pour les enfants du village des activités diverses trois fois par semaine. Nous nous sentons bien ici, beau jardin et belle ambiance. Il y a également deux uruguayens de passage. Nous ne visiterons pas le site de Moray, tant pis, il nous manque le billet qui coûte cher, qui sert pour quatre sites et qui n’est valable que deux jours. On ne peut visiter un site à l’unité. Le fait que nous soyons en vélos ne nous permet pas de faire tous les sites en deux jours.
Tellement bien dans ce havre de paix, nous restons un jour de plus. Nous en profitons pour faire de la cuisine, quel plaisir ! Poulet mijoté, ça change du poulet-riz sec qu’on nous sert au quotidien…
Cuisse de mouton au barbecue le lendemain, le pied ! Ewen nous a même cuisiné un gâteau chocolat-banane.

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L’après-midi, nous allons faire une balade au site archéologique de Chiqoq accompagné d’une dizaine de gamins du village. Eclats de rires. Les enfants sont vraiment attachants. Parties de foot dans les rues, jeux, chapardage de baies sauvages. En haut du village, Georges explique le paysage, les montagnes qui nous font face.

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C’est avec un petit pincement que nous enfourchons nos vélos le lendemain matin, le rire de Georges, son jardin foisonnant, le petit village de Maras. On a eu l’impression d’être reçu chez un ami.
La journée de vélo pour rentrer à Cusco s’avère plus dure que prévu, décidément, on ne peut pas se fier aux dires. « Plat jusqu’à Chinchero », si c’est une blague, elle est mauvaise car les 26 km de montée ont été particulièrement corsés.
Le bilan de nos six jours d’escapade autour de Cusco est positif, de belles rencontres, entre Pisaq et Maras, une vallée superbe et des sites archéologiques à tous les coins de rue. Cependant, nous commençons à marquer le pas, marre d’être entre 3 et 4000m, envie de voir la mer, de faire du vélo avec un peu moins de difficultés.
Les routes péruviennes ne nous ont pas enchantés, trop de klaxons, de chiens agressifs, jamais de km indiqués, pas moyen de trouver une carte routière. On commence à fatiguer. On ne sait pas encore ce que nous réserve l’Amérique Centrale mais on a hâte de le découvrir. Cet après-midi, nous prenons un bus direction Ica puis Paracas pour voir la côte avant de décoller de Lima le 4 avril. On nous parle d’un pont cassé sur la route et de 30 km de bouchons… Ca promet… Affaire à suivre.

Paracas, retour à la mer

La nuit dans le bus s’est plutôt bien passée malgré que l’on ait été secoués presque tout le temps car la route était particulièrement sinueuse. Le matin, arrivés à Ica, nous avons pris un taxi pour aller jusqu’à Paracas. Là, nous avons trouvé une petite station balnéaire tranquille au bord de la mer. Chaleur et soleil sont au rendez vous. On n’avait pas été en tee-shirt tout le temps depuis un moment. Avec les hauteurs où l’on était, c’était plutôt de bonnes fraîcheurs, même en journée quand la pluie ne faisait pas des siennes. Un peu de farniente fait du bien aussi, surtout les enfants qui sont ravis de jouer dans le sable pendant des heures. On a encore fait un truc hyper touristique malgré nos dernières expériences mais bon, il faut bien faire un peu les moutons sinon c’est dur de voir les belles choses !

Donc on est allé aux islas Ballestas avec des hors-bords super puissants. Et là nous avons vu de superbes îles où vivent des centaines d’oiseaux, de pingouins, de lions de mer, de phoques et j’en passe. Une belle matinée en bateau avec des touristes des quatre coin du monde. Un site où se rendent plus de 213000 touristes par an. Incroyable et sublime.

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« le candelabre », inscrit dans le sable depuis des centaines d’années

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On passe le reste du temps entre balades et de très bons céviches presque les pieds das l’eau. Le Ceviche est une spécialité culinaire faire de divers poissons crus marinés au citron et gingembre et ….un délice pour nous, accompagné d’un petit blanc sec et frio humm !

Nous étions au bord d’un parc naturel bien gardé et bien payant comme tout ce qui est un peu touristique au Pérou. Tout se paye, d’abord l’entrée du parc, ensuite chaque jour supplémentaire. Nous rentrerons avec notre simple billet puisque on ne sait pas trop combien de temps nous voulons y rester. A l’entrée se trouvent, entre gardes, police, douane, une bonne dizaine de personnes. Agacés de toujours payer des trucs en plus sans être au courant auparavant, nous passons un petit moment à palabrer devant les barrières. Les enfants et leurs sourires font passer l’envie de s’énerver, le sourire de la policière qui nous dit de téléphoner une fois dans le parc si on veut passer des jours supplémentaires. Oui oui bien sur. On passe on verra bien.

Nous qui croyons que la partie allait être facile, nous sommes encore bien servis. Un vent fou en pleine face avec quand même quelques belles côtes nous attend. Au bout de 12 km, nous nous arrêtons, épuisés, à une petite anse au bord de l’eau et plantons nos tentes à coté de la maison des gardes. Le vent et les touristes s’en vont pour que nous puissions enfin apprécier un moment de tranquillitude. Ça se dit pas ! Ha et bien moi je le dis.

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Le paysage est dunaire et très désertique. La mer est parfois marron, verte mais loin d’un bleu turquoise que l’on peu apercevoir au loin au large. Nous rentrons, fatigués par ce vent violent qui même sur du plat nous rend la progression difficile, la piste est de la tôle ondulée, ça casse le dos. Au retour, vent arrière, ouf.

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Nous passons le péage d’entrée sans encombres. Souriez les enfants ! La policière nous rend bien ce sourire gratifié d’un bel au revoir. Pas besoin de payer en plus ! Des fois tout cela semble aléatoire. Un beau bordel organisé, des fois, ce beau pays.

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Le lendemain après un dernier Ceviche nous quittons notre bord de mer pour la Capitale. Là, nous attend Christian, un Warmshower qui habite avec ses parents dans une école Catho. Nous sommes entourés de tableau représentants Jésus et ses saints. Sympa l’ambiance !. En tout cas, ils nous reçoivent comme si nous étions de la famille, nous serrant dans leurs bras chaleureusement. Ca me fait un peu bizarre mais c’est tellement sympathique. Les parents nous font découvrir le centre ville et toutes ces églises prises d’assauts en ce jeudi saint, la coutume est de faire le tour des 7 églises du centre-ville. Ici Pâques, c’est 2 jours fériés pour tout le monde du coup ça fait du peuple dans les rues et beaucoup moins sur les routes. La ville, ou en tout cas le centre, est bien plus jolie que nous le pensions. On nous avait dépeint une ville tellement grise, triste et dangereuse. Au contraire, le ciel est bleu, les gens assez souriants et les places sont très colorées. Bref, nous repartirons avec une image un peu plus heureuse que ce que tout le monde nous avait dit.

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Notre passage à Lima a été des plus agréables, grâce à nos hôtes. Ils ont été aux petits soins pour nous : visite du centre-ville en ce jeudi saint, vendredi saint, balade au bord de mer et dans le quartier chic de Miraflores qui surplombe la mer, les enfants n’ont qu’à lever le petit doigt pour avoir des petits cadeaux, des vrais « papy gâteau », ils nous ont même invités au resto ! Incroyable accueil.

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Samedi, journée de transit, aucun souci avec LAN, nous avions de la marge au niveau du poids des bagages, un porteur a amené les vélos directement au bon endroit, rien à porter. Trop cool.

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