7> Bolivie

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Depuis Abra Pampa, nous avions la sensation d’être déjà en Bolivie. Mais ce n’était qu’un changement progressif. Le passage de la frontière nous a ouvert les portes d’un autre monde, au niveau de vie bien inférieur. Des enfants, très jeunes, mendient dans la rue ou font des petits boulots. Les visages sont désormais clairement typés « andins » les femmes, pas très grandes, portent des chapeaux melons, sur leurs cheveux bruns nattés, la jupe est plissée et arrive aux genoux. Sur le dos, elles portent un châle très coloré qui sert de portage, d’enfant ou autre. Dès que j’oserais, je prendrai une photo…

Notre premier repas fut mémorable : dans une petite assiette en plastique, une petite portion de riz presque froid, cinq frites pas cuites et un ridicule bout de viande caoutchouteuse.

La dernière nuit argentine a été parfaite, dans une auberge des plus agréables, barbecue comme il se doit et ratatouille faite maison. Les formalités à la frontière se sont passées très facilement. Au poste frontière, à notre grande surprise, nous avons rencontré un couple de Français qui voyage… en pino !  Seb et Marie. Et nous voici partis pour Tupiza à six vélos ! Pour rencontrer les Boliviens, ce n’est surement pas le meilleur moyen mais c’est marrant de pédaler en peloton. Nous voici désormais à dix.

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Premier jour de vélo en Bolivie, nous commençons fort avec notre étape la plus longue depuis le début, 93 km de Villacon à Tupiza. L’approche de Tupiza est super belle mais l’orage menace, nous nous hâtons.

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Depuis Tupiza, notre but est de découvrir le désert du Sud Lipez en 4×4 puisqu’il nous semble trop irraisonnable de le faire à vélo avec les enfants. C’est un peu coûteux mais que nous aurait coûté cette année de voyage si nous étions partis un an sac au dos et transport en commun ou en camping-car ? Nous allons être aux petits soins pendant quatre jours, pas de bivouac à trouver, pas de repas à préparer… tranquille !

Petit concours d’espagnol :

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… A vos traductions !

Et sinon, pour une petite vidéo de Julien de nos derniers jours en Argentine : cliquez ici

 

Incroyable Sud Lipez !

Vendredi 30 janvier, nous voici à Uyuni, les yeux pleins d’étoiles.

Les superlatifs vont nous manquer pour décrire le Sud Lipez. Deux jours après notre arrivée, nous commençons notre découverte bolivienne en beauté. Autant de merveilles de la nature réunies dans ce désert, à près de 5000m d’altitude, c’est bluffant. Mais plus qu’un long discours, quelques photos tenteront de témoigner pour nous ; même si ces photos ne rendent pas de la splendeur de ce qu’on a vu.

La météo nous a accordé sa clémence et malgré les quatre jours de pluie annoncés, pas une goutte pendant le tour.

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Les vélos, de leur côté, ont fait un petit tour en train, de Tupiza à Uyuni. Vu l’état des routes et la poussière, nous ne regrettons pas de ne pas les avoir embarqués sur les jeeps avec nous.

Pour voir tout ça en mouvement, regardez la vidéo de Julien en cliquant ici

 

D’Uyuni à Potosi, l’immersion bolivienne

Après maintes hésitations et avec regrets, nous avons finalement abandonné l’idée de traverser le salar à vélo par peur de la pluie. Rappelons-le, nous sommes en été, saison pluvieuse. Cela a plusieurs conséquences sur le salar : il fait cuvette et l’eau monte vite alors pour bivouaquer, on risquait de se retrouver les pieds, et les sacs de couchage, dans l’eau ; ensuite, les nuages cachent les montagnes, seuls points de repère, même des jeep se perdent ! Et enfin le sel est particulièrement corrosif, d’autant plus quand il pleut, les vélos auraient souffert de ce petit trip salé. On a vu l’état des jeeps couvertes d’une couche impossible à gratter.

Tupiza et Uyuni fourmillaient de touristes, Français notamment. Les 200 km qui séparent la ville d’Uyuni, près du salar du même nom, de celle de Potosi nous ont permis de découvrir un autre visage de la Bolivie, à l’écart des sentiers battus par les touristes.

La première découverte fut celle du relief. Et nos mollets s’aperçoivent que l’alti-plano, il n’est pas si plano ! Ca monte, ça descend. Ce fut une étape très difficile, comme l’atteste le graphique ci-dessous, que j’avais eu la bonne (ou la mauvaise) idée de regarder avant de partir. J’en tremblais d’avance !

Les Jujugazous, partis avec nous, ont renoncé dans la première côte. Nous nous disons au-revoir sous les grèlons. Ewen a craqué au bout de 10 km… Nous étions mal partis… mais c’était sans compter sur le moral d’acier d’Oliv’ qui ne renonce que très rarement. Faire du stop ? Sûrement pas ! Le goût de l’effort, c’est sûr, ce voyage nous l’aura enseigné. Les paysages, une fois de plus grandioses, nous récompensent de ces efforts. Et nous sommes contents d’y être arrivés, tous les quatre.

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Le plus dur aura été l’arrivée sur Potosi. La ville est construite sur un flanc de montagne. Arrivés par le bas, il nous a fallu la gravir jusqu’en haut, quelle galère. La montagne sur laquelle est construite Potosi recèle de minéraux, argent en particulier. Le bas de la ville grouille de camions, bus ultra-polluants, trottoirs défoncés, il nous fait l’effet d’un bidonville.

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Plus on monte, plus la ville est plaisante, ouf !

La seconde découverte fut celle des Boliviens « des campagnes », sacré galerie de personnages.

Un monde, parfois, entre eux et nous. En particulier, cette femme rencontrée lors de notre second bivouac. Vêtue de guenilles, venue d’un autre âge, sortie d’on ne sait où, de sa bouche dépassent des brins de coca, ses dents sont presque un souvenir, à sa main, un sac de coca bien entamé et une vieille tige de fer, les yeux hagards, flanquée de ses deux chiens, au regard presque plus expressif qu’elle. La communication est extrêmement difficile, oublions les formules de politesse du style :  « serait-il possible de planter notre tente dans une de ses maisons abandonnées ce soir ? Nous voyageons à vélo et sommes fatigués. Nous avons besoin de nous reposer ». Même le basique « nous vouloir dormir ici cette nuit. Oui ou non ? » n’obtient pas une réponse claire ! Elle parle certainement quechua et nous ne comprenons pas un mot. Quelle doit être sa vie ? Quel est son quotidien ?

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Le troisième soir, nous avons tenté un beau bivouac dans une vaste plaine, au bord d’un cours d’eau. Comme nous en avons désormais pris l’habitude, nous demandons l’autorisation, ce qui nous permet parfois de bénéficier d’un peu d’eau ou de conseils. Le voisin s’avère une nouvelle fois peu commode : une tasse à la main, le sachet de coca à l’autre, il tente vainement de s’exprimer. Il est clairement bien imbibé d’alcool dont il empeste. Il accepte que nous plantions la tente mais exige 50 bolivianos. Si l’on comprend que pour ces gens de misère tous les moyens sont bons pour gagner quelque menue monnaie, on refuse de payer le prix d’une chambre pour dormir en pleine nature et surtout de dormir à proximité de cet individu dont l’état pourrait encore se dégrader vu qu’il n’est que 16h. Nous poursuivons jusqu’au village voisin à 5 km et trouvons refuge dans un vieil alojamiento (logement) certes au confort spartiate (notre lit est dur comme une planche de bois) mais à l’accueil chaleureux. Le couple, plutôt âgé, tient une boutique d’un peu de tout, comme il y en a beaucoup en Bolivie. La femme réalise un superbe tissage à la main, nous sommes impressionnés par la dextérité et le temps que cela demande (plus de deux semaines pour celui qu’elle débute). Nous avons encore du mal à nous comprendre mais le langage des gestes fonctionne et les sourire créent le lien. Quelques détails dans cette cour : les centaines de mouches dans la « salle de bain », les décharges électriques quand tu touches au robinet de la douche, les bouts de tripes à sécher sur le fil, les posters de femmes dévêtues dans la pièce que nous louons, les deux fœtus de lamas suspendus au-dessus de la porte. Nous ne comprenons pas tout, nous sommes juste de passage…

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Le quatrième soir nous a un peu pris de court : après avoir un moment pédalé au devant de l’orage, celui-ci a fini par nous rattraper. Le déluge s’est abattu sur nous. Nous avons d’abord pris refuge dans une maison abandonnée puis, profitant d’une éclaircie, cherché un endroit pour planter les tentes. La femme à qui nous demandons l’autorisation pour ce soir est plus avenante même si le fossé linguistique reste là. A peine plantées les tentes, la pluie reprend de plus belle. Nous avons mis toutes les couches de vêtements possible et nous avons encore froid. Nous devons être à près de 4000m et l’humidité accentue la sensation de froid. Nous abandonnons l’idée de faire chauffer quelque chose car il nous est impossible de sortir sous ces cordes. Nous mangeons froid quelques bouts de carotte et de concombre, trois morceaux de sardine sur deux quignons de pain. C’est ça aussi l’apprentissage de ce voyage : savoir se contenter de peu. Couchés à 8h. De toute façon, il fait nuit très tôt, les trois énormes côtes de la journée nous ont crevés et c’est dans notre sac de couchage qu’on est le mieux. Réveil frisquet mais magnifique, paysage de végétation rase et de murets, grands blocs de granit, ça fait penser à l’Irlande.

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Alors que les quatre premiers jours, la route a été super calme, avec très peu de circulation, nous retrouvons les camions pour la dernière matinée. Le retour à la civilisation n’est pas toujours agréable. A l’approche de Potosi, les déchets jetés le long de la route sont de plus en plus nombreux.On a hâte de se poser dans un hôtel, prendre une douche chaude et s’allonger dans un lit douillet.

 

Potosi, ville de mineurs

Crevés, nous passerons une grande partie de cette première après-midi a nous reposer à l’hôtel.

Mais nous récupérons très vite, je crois que notre corps s’adapte de mieux en mieux à tous ces efforts.

Petites promenades dans les rues de Potosi. En cette période de carnaval, c’est la fête, les jeunes se bataillent avec des bombes à eau.

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Nous apprécions l’animation des rues, arpentons sans nous lasser, le dédale du marché. On trouve de tout, pour peu qu’on prenne le temps de chercher, ou de demander.

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A propos de chercher, on aime les visites à thème… notre but est de prolonger notre visa qui n’est que de 30 jours. Nous nous sommes donc lancés à la quête du bureau de l’immigration. Plutôt marrant quand on prend ça avec humour puisque l’emplacement de ce bureau a changé plusieurs fois. Une bonne volonté a eu la patience de nous guider dans cette « chasse au trésor ». Après trois tentatives infructueuses, nous avons fini par trouver, à l’autre bout de la ville dans un immeuble à moitié en chantier. Tout ça pour nous entendre dire que la personne qui met le tampon est en voyage et reviendra lundi, on est vendredi, tant pis, on retentera notre chance à Sucre !

Potosi est une ville minière où s’activent encore 10 000 travailleurs, à la recherche de gisements d’argent et d’étain. La ville bolivienne de Potosi, inscrite au Patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1987, a été déclarée site en péril par l’organisation le 17 juin dernier, en raison des « activités minières incessantes et incontrôlées » du Cerro Rico. Secouée par les explosions de dynamite et traversée d’une centaine de kilomètres de souterrains, la montagne menace de s’effondrer en ensevelissant les mineurs, qui y travaillent par milliers dans des conditions insalubres. Nous nous y sommes rendus par le biais d’une agence qui nous emmène sur le site. « Déguisés » en mineurs, nous allons parcourir des centaines de mètres de galerie.

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Rien d’agréable mais c’est une expérience qui enchante Ewen qui s’amuse à parcourir cette énorme fourmilière. On se rend compte du courage de ces gens qui travaillent dans des conditions inhumaines, à l’ancienne avec pelle et pioche. Plus grand complexe industriel du Nouveau Monde au XVIe siècle, le site alimentait les caisses du royaume d’Espagne grâce à ses gisements d’argent et d’étain. Pourtant, la ville de Potosi et ses 200 000 habitants vivent aujourd’hui dans la pauvreté, si bien que personne n’imagine mettre un terme à l’exploitation minière, quasiment la seule source de revenus de la région.

C’est quand même incroyable que de nos jours cela existe encore. Nous en garderons un souvenir qui fait froid dans le dos. Sentiment d’un tourisme voyeuriste quand nous allons offrir de l’alcool, du tabac et de la coca à trois mineurs terrés dans le fond de la mine dans un air irrespirable entre fumée de charbon qu’ils brûlent en hommage à Pachamama et vapeurs acres de soufre.

Ambiance Germinal, misère, crasse, alcoolisme.

Nous passerons 3 nuits à Potosi en finissant par la visite en Français de la Casa de la monnaie.

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Très intéressant, nous apprendrons que les billets de 20 Bolivianos sont désormais imprimés dans une usine en Bretagne, à Chantepie ! Là encore, les indigènes travaillaient dans les fonderies dans des conditions très dures, leur espérance de vie était entre 45 et 48 ans, notamment à cause du mercure utilisé pour extraire l’argent qui cause des troubles nerveux. Ils souffraient également de pneumonies du fait des contrastes de température importants entre l’intérieur de la fonderie et l’extérieur, où ils fallaient faire refroidir les lingots d’argent.

Après cette visite, nous décollons direction la ville de Sucre, capitale administrative de la Bolivie. La ville se situant à une altitude de 1200 mètres plus bas que Potosi, nous pensons que la route sera plutôt facile par rapport à ce que nous avons enduré pour arriver à Potosi. Au moment de partir, nous constatons que le pneu avant du pino et celui arrière du treck sont à plat… Bizarre.

 

Salée, la route de Sucre !

Encore une fois, nous avons dévalé des magnifiques descentes… mais aussi d’énormes montées. Les endroits de bivouac s’avèrent compliqués à trouver. Un soir, nous demandons l’hospitalité à une famille Quechua. Nous nous installons tranquillement derrière leur maison avec notre campement. Cela intrigue toute la famille qui nous observe en train de nous installer. Méline et Ewen jouent avec les enfants qui sont enchantés de partager les jouets, pourtant maigres, de nos enfants.

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Ces gens vivent très modestement de leur agriculture. Un peu stupéfaits par nos parcours en vélos à travers tous ces pays, ils pensent que nous disposons de beaucoup de dollars pour réaliser cela. Eux qui ne peuvent pas bouger de leurs pays. On ne peut pas leur donner tord, même si nous vivons modestement pendant ce voyage et que le vélo est le moyen de déplacement le plus économique que nous avons pu trouver. Force est de constater que nous sommes un peu des nantis par rapport à leur situation. Nous repartons et continuons cette route qui s’avère très difficile. Bivouac un peu en désespoir de cause entouré de cactus et d’arbustes très piquants.

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Cette dernière journée de vélos sera assez incroyable. Nous allons totaliser 5 crevaisons quasi coup sur coup ! Dépités, nous essayons un peu de stop mais avec nos vélos c’est assez compliqué. Malgré cela, quelques 4×4 s’arrêtent mais sans que nous puissions y monter pour ces derniers km. Tant pis, exténués, nous irons jusqu’au bout. Nous rentrons dans Sucre mais il nous faut encore parcourir environ 5 km de montée avant d’arriver dans le centre. Heureusement nous trouvons refuge dans un superbe Hostal « kultur Berlin » de son nom où nous goûtons à leur délicieuse nourriture et leur petit déjeuner très complet.

 

Sucre, ville blanche

  

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Quelques jours nous ont permis de découvrir la jolie capitale de la Bolivie, sous les couleurs du carnaval.

Pour le carnaval, en Bolivie, la tradition est la bataille d’eau… et le terme bataille n’est pas exagéré, il s’agit d’une véritable guerre, et il est dangereux de se promener en ville ! Pistolets à eau, plutôt perfectionnés, petits ballons remplis d’eau. Les coups pleuvent, de la rue d’en face, du balcon, de dos, de face, tout est permis, petits, grands, tout le monde s’y met. Les filles sont les cibles privilégiées…Le jour des « conmadres » (jour des « commères », les femmes se réunissent entre elles), il faut qu’elles soient bien motivées pour défiler ainsi, offrant une cible si facile à ces trombes d’eau ! Les rues sont joyeuses et animées, fanfares à tous les coins de rue.

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A Sucre, nous avons poursuivis notre visite à thème « administration » et, croyez-le, le service de l’immigration était à l’endroit indiqué sur la carte et il ne nous a fallu que quelques photocopies pour avoir un petit tampon nous permettant de rester un mois de plus en Bolivie. Fin de l’épisode !

La visite de la « casa de la libertad » nous en appris beaucoup sur l’histoire de la Bolivie. C’est en effet l’endroit où a été signé le 1er acte de l’indépendance de la Bolivie. La guide, passionnée, nous a transmis sa flamme, malgré la visite en espagnol.

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Nous avons aussi pris du bon temps à l’auberge, ambiance melting-pot avec le patron allemand, le personnel bolivien et les gringos d’un peu partout dans le monde. Grosse auberge, grosse ambiance, bonne bouffe. Nous avons eu droit à plusieurs soirées à thème autour de succulents plats. Il y a eu surtout la soirée des « con madres », ambiance carnaval et boite de nuit avec des centaines de filles venues exprès pour ça. Et du coup ambiance très « girls » malgré quelques clients de l’hôtel présents.

Vendredi, nous avons embarqué en bus pour une nuit à travers les montagnes, direction Cochabamba. La route nous semblait trop difficile et pas forcément magnifique pour le faire à vélo. Une fois n’est pas coutume, nous sommes tombés sur un chauffeur qui nous dit en premier lieu « y’a pas de place dans les soutes », ensuite sévèrement « hey attendez un peu là » puis, en ouvrant les portes des soutes « vous voyez bien qu’il y a pas de place ». On essaie de garder notre calme, on lui dit que les gars des bureaux nous ont dit qu’il n’y avait pas de problème pour nos vélos, moyennant un p’tit billet. Et là, soudainement, une soute à l’arrière s’ouvre avec grande place pour nos vélos. Il continue à nous stresser en nous disant que les 3 vélos ne rentreront pas. Mais nous ne faisons pas cas et entrons les vélos un à un. Petit épisode de stress dont nous nous passerions bien. La suite se passera mieux malgré les 10 h de route et l’arrivée à 4h du mat’ dans les rues de Cochabamba.

Nous sommes accueillis à Apote, dans la campagne de Cochabamba par un couple franco-bolivien avec qui nous allons passer le carnaval.

 

 

Cochabamba – La Paz

Cochabamba

Notre séjour chez Clément et Flaviola et leurs deux enfants, Zaïa et Florian, nous a fait découvrir la Bolivie de l’intérieur et nous en sommes ravis. Ils fourmillent d’énergie et de projets. D’ici quelques semaines, ils emménageront dans leur nouvelle maison en terre et bois et dans quelques mois, s’occuperont d’un centre socio-culturel qui fera restaurant le week-end ! Il règne autour d’eux amour, amitié et générosité.

Mardi était jour de la Pachamama, la terre-mère. Ce jour-là, en particulier, on lui rend hommage et on lui demande sa bénédiction pour l’année à venir. C’est une fête aussi importante que notre jour de l’an. La journée commence par la dégustation de l’ambroisie : il s’agit du mélange de lait de vache frais, directement trait de la vache, du singani (alcool de raisin), et de liquur de café.

Chants, danses rythment la matinée.

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Nous pratiqué la « koa » : ce rituel s’organise entre les membres de la communaité. Ce rituel à Pachamama vise à nourrir la Terre pour la remercier pour les offrandes qu’elle a accordées durant l’année passée. On la sollicite également pour que l’année à venir soit fructueuse.

On fait une koa pour « bénir » une nouvelle maison, un nouveau magasin, une nouvelle voiture… On décore l’objet à bénir avec des banderoles colorées (serpentins) et de l’alcool, des perles dorées, des pétales de fleur et des bonbons dans les coins.

On prépare une table, sorte d’autel coloré où on fait des offrandes à Pachamama : des fruits, des bonbons, des épices, des céréales, des bonbons, des noix, du vin, de l’alcool, des pétales de fleurs, des banderoles, etc. On met également des éléments symboliques pour ce que l’on souhaite (des billets pour avoir de l’argent, une serrure pour une maison, …)

Les offrandes sont ensuite brûlées et fumées au bois aromatique de Koa et bois de rose, avant d’être enterré et livré à la Pachamama.

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Clément et Flavie nous ont aussi fait découvrir une « chicheria », lieu où l’on boit la chicha, boisson fermentée faite à partir du maïs (2% d’alcool), qui se partage avec un pichet et une calebasse. On y mange des plats traditionnels boliviens dont le chicharron, plat légèrement protéiné avec viande séchée, maïs, pommes de terres, œufs.

Pour finir, sachez que Clément est un guide touristique à l’écart des sentiers batus, il travaille en lien avec les communautés indigènes, sur tout le pays. Si le Sud Lipez ou toute autre coin de ce très beau pays, vous botte…n’hésitez pas !

 

La Paz

Pas forcement enchantés à l’idée de remonter sur l’Alti-plano à vélo ni d’entrer à La Paz de la même manière, nous avons pris une seconde fois le bus ; -( Ca s’est beaucoup mieux passé cette fois-ci, même pas besoin de démonter ne serait-ce que guidon du pino.

Nous avons posé nos sacoches à la fameuse « casa de ciclistas » dont plusieurs cyclistes nous avaient parlé. Nous n’y avons pas trouvé la chaleur humaine recherchée, et un confort plus que spartiate (il faut même dormir par terre)… mais nous y avons retrouvé Seb et Marie, le couple en pino avec qui nous avons fait le Sud Lipez. Ils suivaient notre piste depuis Uyuni, nous ne le savions même pas. Ils ont dû renoncer à faire le salar à vélo, à cause de la pluie. Encore une fois, c’est sans regret pour nous de ne pas avoir tenté ce mythique salar à vélo, pas la bonne saison.

Notre passage dans cette grande ville aura été furtif, une journée nous aura suffit, tout juste le temps de faire une paire de lunettes à Ewen (elles étaient cassées depuis 3 mois, et rayées). La Paz pour nous : trop grand, trop de monde, trop de voitures. Nous rêvons d’Alti-plano, de grands espaces.

Cette ville,la plus haute du monde et la plus grande du pays, est grouillante, rien à voir avec Sucre, la capitale. Elle s’étalle sur des km, dans une cuvette et jusqu’en haut de la montagne. Entre La Paz, ville basse, et El Alto, tout en haut, plus de 800m de dénivellé. Des téléphériques permettent de relier le haut au bas.

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Mais dans les téléphériques, point de vélo. Il nous a donc fallu monter à El Alto à la force de nos mollets. OK pour la montée, même si le slalom dans les gaz d’échappement ne nous a pas enchantés, mais c’est arrivés en haut qu’on a le plus halluciné. Une circulation comme on n’en a jamais vu, même en Indonésie (c’est dire !), un gigantesque bouchon sur 3km², les taxis à cul-à-cul, moteur arrêté tellement la circulation est bloquée. Quelle galère d’être emprisonnés là-dedans, surtout pour Oliv’ avec son vélo long mais aussi large ! On a hâte de retrouver la campagne, et ses tiendas (petites boutiques) où on trouve « de todo un poco » (un peu de tout).

 

Sinon, en bref, l’Ewen nouveau est arrivé. Nouvelle coupe de cheveux, nouvelles lunettes, il grandit grandit !

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Le lac Titicaca et l’au-revoir à la Bolivie

La descente vers le lac Titcaca ne fut pas très chaude, la pluie nous a donné des onglées, mais on était heureux de voir la circulation diminuer et cette grande étendue d’eau. On a trouvé refuge dans un petit hôtel pas très cher les pieds dans l’eau. L’hôtel rien que pour nous, avec vue imprenable.

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Le lendemain, nous avons pris un bac pour traverser le passage de Tiquina.

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Nous nous sommes un peu attardés sur le port, entre deux averses, logés pour trois fois rien dans une petite chambre.

L’étape du lendemain, comme c’est souvent le cas, fut dure mais magnifique. Une superbe montée de 25km, à flanc de montagne, suivie d’une sacrée descente sur Copacabana, un régal !

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Arrivés assez tôt nous prenons le temps d’arpenter le centre pour nous trouver un petit hostal sympa. Nous suivons les conseils de trois Allemandes en vélo pour nous réfugier sur un hostal économico. Mais on en a pour son argent : pas d’eau le matin et surtout une douche chaude qui ne marche pas. Pas grave nous découvrons une petite bourgade très sympa au bord du lac avec en prime pour l’instant un beau soleil. Une rue centrale axée sur la cathédrale qui descend jusqu’à la mer et qui fourmille de restaurants et petites boutiques. Enormément de touristes.

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Nous avons profité de nos retrouvailles avec Seb et Marie, rencontrés à la frontière Bolivienne, pour organiser une expédition sur l’isla del sol. Une belle île au large de la pointe de Copacabana importante pour le peuple bolivien. L’endroit est superbe, des criques encaissées, une vue imprenable sur le lac, chargé d’histoire inca. Malheureusement, nous avons eu un peu de mal à nous défaire de la sensation d’être des moutons, on te pose à un bout de l’île, te fait payer à des « checkpoints », tu suis un chemin, certes, pré-inca, mais complètement balisé et refait. Nous n’avons pas pris le temps de flâner pour sortir des sentiers battus. A l’autre bout de l’île, un autre bateau te récupère pour te ramener à Copacabana. Le village de Pukara est franchement incroyable, construit à flanc de colline, tout en terrasses.

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Copacabana est une bien jolie ville, la montée au calvaire, qui la domine, permet de s’en rendre compte. Encore une fois, au risque de se répéter, voir le lac est un pur bonheur.

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Petite anecdote : posés à la terrasse d’un bar pour voir le coucher de soleil avec Seb et Marie, nous avons eu droit à une descente de flics ! Contrôl des papiers et touti canti. Jamais vu ça ! Sauf que Seb et Marie n’avaient pas fait prolonger leur visa. Copacabana n’est qu’à 10 km de la frontière. Ils ont failli se faire embarquer pour régulariser leur « situation illégale ». On se demande si c’était de l’intimidation ou un exercice, en tout cas, cela semblait totalement exagéré !

Notre premier jour de vélo en Bolivie aura été de 93 km, étape la plus longue en huit mois. Notre dernier : 7 km, étape la plus courte ! Bon, au final, ça fait 50km quotidiens, ce qui est à peu près notre moyenne.

Nous quittons la Bolivie heureux. Heureux de ce mois passé dans ce beau et simple pays ; et heureux de cette dernière journée, belle et simple. Nous nous sommes arrêtés à Sahuina, dans une communauté de pêcheurs, sur les conseils d’un Irlandais super sympa qui tient un café où on boit de délicieux chocolats chauds à Copacabana (El Condor & the eagle). Arrivés en fin de matinée, nous avons laissé le temps glisser jusqu’au lendemain matin. Dans cet endroit, au bord de l’eau, régnait quiétude et sérénité. Deux hommes fabriquaient une hutte en roseaux. Ils nous expliquent que la communauté vit essentiellement de pêche mais qu’elle s’ouvre vers le tourisme. Quand nous lui demandons si nous pouvons planter notre tente dans le coin, il accepte avec plaisir, en nous expliquant que nous serons en sécurité ici, les gens de la communauté veillerons sur nous.

Un peu plus tard dans l’après-midi, d’autres arrivent pour préparer les filets, un jeune homme nous emmène sur une barque pour nous expliquer la faune et la flore du lac, aller voir les grenouilles géantes ainsi que les élevages de truites. Une vieille femme nous propose des pommes de terre, nous les récoltons avec elle, l’occasion d’échanger quelques mots sur son quotidien. Mari et femme embarquent en fin d’après-midi pour une nuit de pêche, retour à 5h du mat’.

Le matin, nous nous levons tranquilles, tout le monde est affairé à trier le poisson. Encore une fois, nous sommes émus par la gentillesse de ces gens, ils nous offrent des oeufs et de l’eau, la sérénité de leurs gestes ancestraux, la beauté du lac au petit matin. Nous n’étions pas pressés de quitter la Bolivie, nous partons contents d’avoir pris ce temps.

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Ce mois en Bolivie nous a enchantés. Nous partions avec un peu d’appréhension, on nous avait parlé d’un pays sans fruit, sans eau, sans arbre, aux habitants peu sympathiques, aux hôtels vétustes, aux routes impraticables . Nous avons trouvé des paysages superbes – commençant par le Sud Lipez et finissant par le lac Titcaca quel régal-, des paysages variés – des montagnes de l’Alti-plano à la jungle amazonienne, de l’eau, plus qu’il n’en faut…, des marchés bien achalandés, de la bonne viande (en dehors du Sud – Tupiza, Uyuni), des habitants sympathiques, à l’exception de quelques uns dans les endroits les plus retirés, mais c’était surtout des difficultés de compréhension, des hôtels corrects et peu chers. Pour ce qui est des routes, nous avons franchement apprécié rouler sur de belles routes, bien entretenues par « les petits hommes en jaune ». Certes, nous avons volontairement cherché à éviter le vilain ripio. Ces routes avaient aussi ceci de mérite qu’elles avaient un large bas-côté et que les voitures ne roulaient pas trop vite et s’écartaient, ce qui était loin d’être le cas en Argentine.

Alors, la Bolivie, allez-y « Bolivia te espera » est leur slogan (la Bolivie t’attend) même si parfois, c’est aussi « Bolivia, espera » (en Bolivie, tu attends!). Il faut juste être patient…

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Un commentaire

Une réflexion sur “7> Bolivie

  1. Laval

    Bonjour
    Avez vous gardez les coordonnées de clement le guide français de cochabamba.
    On a ete à UYUNI avec lui chez justino…. Mais on a pas pris son tel!

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