6> Argentine

Yes, we did !

L’étape du samedi a été difficile, comme prévu, mais nous y sommes arrivés. Ewen a caracolé en tête avec vaillance.42 km dont 23 km de montée dont la fameuse « cuesta de los caracoles » (la bien-nommée côte des escargots), 30 virages en lacet pour gravir la montagne. Nous nous serions bien arrêtés à 14h en haut de la côte, à l’hôtel de la station de ski pour un repos bien mérité mais les tarifs de cet hôtel 5 étoiles étaient prohibitifs ! Il a donc fallu continuer, passer la frontière chilienne, traverser une sorte de no man’s land entre les deux pays dans un paysage désolé, très minéral et poussiéreux, franchir le tunnel du Christ rédempteur. Heureusement, la traversée s’est faite à l’arrière d’un camion spécialement affrété pour.

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De l’autre côté du tunnel, le paysage est assez différent : les couleurs sont magnifiques, allant du rouge au noir en passant par l’orange, le jaune. Quelques touffes d’herbe. Ambiance incroyable entre ce long cordon de route et cette ligne de chemin de fer abandonnée, far west, sensation de bout du monde.

C’est fourbus que nous passons notre première nuit argentine, dans un refuge au village puente del inca. Dur à croire que nous sommes en Argentine, nous n’avons pas passé de douane !

Puente del Inca est un bourg étonnant avec un marché d’artisanat inca, petites échoppes, bonnets péruviens, cailloux de toute sorte, tasses pour boire le maté. Le refuge sent l’encens… diffusé automatiquement par diffuseur, la fin d’un mythe !

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La nuit de repos n’effacera pas la fatigue de la veille mais c’est confiants dans une journée entière de descente que nous repartons le lendemain.

Mais il nous fallait d’abord chercher la douane ! Situation incroyable, non ? Nous ne voulons pas courir le risque d’avoir des problèmes en sortie de territoire, les visas délivrés étant valables trois mois. Nous revenons donc sur nos pas pour faire tamponner nos passeports. Quel effet à la douane, les cars de touristes nous photographient, interloqués. Les formalités se font finalement assez facilement.

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A la descente, le paysage continue d’être grandiose. Il rattrape largement les couleurs que nous aurions dû voir au Tongariro, en Nouvelle Zélande. Le vent se met dans la partie, de face… au début, on se réconforte en se disant qu’on pourrait monter et l’avoir de face, mais après quelques heures, on est usés de devoir pédaler alors qu’on est en descente. Toujours aussi beau mais toujours aussi désert. Nous ne nous sommes volontairement pas chargés en nourriture car on nous a dit que certaines denrées, dont les fruits, ne pouvaient pas passer la frontière. Nos sacoches sont donc vides, nous finissons notre riz sur le bord de la route, tentant de trouver quelque abri du vent.

A 17h, nous plantons nos tentes près d’une gare désaffectée dans un petit village. Première pluie depuis notre arrivée sur le contient américain, il y a de cela presque un mois, pour notre première journée en Argentine. Il semble que les nuages soient bloqués par les montagnes qui culminent à 6000 m. Nous essuyons un sacré orage, qui fait vibrer les montagnes. Nous trouvons refuge dans une petite boutique qui fait resto, le gars nous dit qu’il n’a pas plu depuis juillet !!!

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Notre (petite) traversée du désert

  

Le beau drapeau argentin !                                      Fleur du désert

Après une courte pause à Uspallata, nous avons repris la route direction Mendoza. Sur une carte il y a inscrit, à environ 25 km « hospedage, retaurante » et nous décidons de prendre la route. Au bout de quelques heures nous commençons à souffrir de la chaleur, c’est le désert, pas un brin d’ombre. Notre réserve d’eau s’amenuise très vite. Nous arrêtons les voitures pour leur demander s’ils ont vu quelque chose au Km 25. Mais « nada », rien mais pas de ruine, nous répond le premier. Les suivants ne sont pas plus optimistes et nous conseillent même de rebrousser chemin : trop dangeureux avec des enfants à vélo. Les troisièmes nous informent de l’existence d’une petite réserve d’eau près de’une mine où nous pourrons prendre de l’eau, non potable bien sur. Enfin, nous sommes rassurés : avec notre filtre à eau et nos cachets de micropur on pourra avoir de l’eau potable.

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Ruines jésuites de Paramillas au coucher du soleil

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La piste qui mène à la mine

Arrivés près des ruines, nous découvrons en contre-bas une bâtisse qui s’avère être le refuge des guides de la mine de Paramillas. Encore une fois, le fait que nous soyons en vélo avec enfants nous ouvre les portes et les sourires. Nous profitons des restes d’un BBQ géant d’une centaine de convives, les cinq bus de touristes qui sont passés en trombe devant nous un peu plus tôt. Cette journée qui aura été dure, se termine superbement. Le bonheur de profiter gratuitement de cette nourriture est amplifié par la difficulté de l’étape. On se rend compte qu’il faut bien se renseigner et même plusieurs fois pour avoir les bonnes infos. Certes l’étape aura été compliquée, mais pas impossible. La fatigue commence à se faire sentir et c’est avec joie que nous dormons cette nuit dans une pièce mise à notre disposition.

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Le lendemain, on nous prévient qu’il y aura encore 5 km de bonne côte, et après, cette descente vertigineuse. Sur cette portion, la piste est faite de « ripio » (mélange terre-sable) et nous nous enfonçons souvent à cause du poids des vélos. Nous finirons par pousser les vélos jusqu’au col à la Cruz de Paramilla.

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Le ripio, piste sans asphalte, mieux que la tôle ondulée 😉

Essoufflés, nous profitons d’une vue magnifique sous un vent violent et glacial. Nous nous couvrons pour la descente. Quel plaisir de découvrir des troupeaux de gouanacos. C’est un animal sauvage apparenté au lama.

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La descente sera toute aussi technique mais beaucoup plus facile pour le moral et surtout celui d’Ewen qui s’éclate. Les vélos encaissent beaucoup sur ce genre de chemin. Premier changement des patins de freins du Pino.

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Le paysage de ce coté est beaucoup plus verdoyant, les lacets sont interminables. Nous terminerons la descente par la visite de l’ancien hôtel des termes de Villavicencio, nom d’une célèbre eau minérale qui prend sa source dans le coin. Sans grand intérêt, mais qui nous permet de discuter quelques instants avec le gardien et de dégoter encore une fois un bel endroit au centre d’interprétation de la réserve naturelle, sous un grand barnum rien que pour nous.

Le lendemain, on nous promet 40 km de descente pour arriver jusqu’à Mendoza. Le début fut super tripant puis finalement c’est contre un vent violent, malgré la descente que nous entrerons dans cette ville. Crevés mais contents, nous arrivons dans une auberge (Mendoza inn) pour nous reposer quelques jours.

Depuis, nous glandons ici avec bon repos et rencontres sympathiques pour rebooster notre physique. Rencontre par le biais de « warmshower » avec un couple de grands voyageurs à vélo couché. Nous les retrouverons plus tard chez notre hôte qui habite Mendoza depuis 9 mois. Ca fait du bien de se reposer quelques jours, les enfants ont beaucoup enthousiasme quand ils sont entourés de tout ce petit monde qui cohabite dans l’auberge. Le corps se détend et l’esprit se libère.

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L’aventure continue

Après cette pause prolongée à Mendoza, nous voici enfin prêts à reprendre la route.

Depuis notre arrivée en Amérique Latine, une carte bancaire,oubliée et détruite au distributeur d’argent, nous restait en ligne de fond dans la tête comme un petit poids. Nous avons été confrontés à des complications pour palier à ce manque (difficultés à récupérer un mandat western union pour une histoire de nom de jeune fille, longues attentes pour récupérer un mandat azimo – même principe que western union, moins coûteux mais plus prisé par les Argentins) . Notre carte devait arriver en poste restante à Mendoza, risqué comme pari, mais nous ne le savions pas ! Au 6 ou 7° passage à la poste, nous avons enfin récupéré notre courrier, au moment où nous n’y croyons plus, résolus à continuer le voyage sans. Bon, le courrier n’a mis qu’un mois, contre les les sept jours annoncés… C’est à ces moments là qu’on se rend compte des dysfonctionnements du pays, un blocage sur les mandats internationaux notamment.

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Le courrier tant attendu !

Ce week-end, nous avons fait un petit détour du côté de Cacheuta et de Tupungato, histoire de passer le temps en attendant cet hypothétique courrier.

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P1010349 parrilla à Cacheuta

Longues distances dans des infinités viticoles, assez différent de petits vignobles français que nous connaissons. Longues distances dans des montagnes arides où il est impossible de planter la tente, entre arbustes piquants et cailloux. Pas une maison, rien d’autre à faire que continuer. Le stop ne marche pas, les Argentins sont méfiants

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Nous faisons un bout de trajet sous escorte policière, gyrophares, gilets pare-balles et tout, ça fait bizarre ! Un quartier sur notre trajet était, disons mal famé. Les Argentins sont particulièrement stressés par ces questions d’insécurité. Nous ne nous sommes sentis à aucun moment en insécurité et tous les voyageurs que nous avons croisés n’ont jamais rien eu. Inconscience ? Je ne sais pas, c’est peut-être leur passé un peu tumultueux qui les rend méfiants…

Aujourd’hui, nous reprenons donc la route, direction San Juan. Normalement en bus mais mettre les vélos dans le bus depuis Mendoza semble assez compliqué. On va tenter ! On remercie beaucoup Xavier, notre hôte warmshower qui nous a ouvert grand ses portes pendant cette période incertaine et nous a fait rencontrer plein de monde.

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SAN JUAN

Ca a marché ! Une petite compagnie de bus à accepté de nous prendre, avec nos vélos. Alors au lieu de ça :

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on a fait ça :

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Quel repos ! Et quel plaisir d’avancer un peu après ces deux semaines à piétiner à Mendoza.

 

La vie argentine au quotidien

Rubrique pèle-mêle : Vieille bagnoles, grosse sieste et maté

L’Argentine regorge de vieilles voitures françaises (Renault, Peugeot). C’est marrant, on se croirait dans les années 1990 : R12, 304, 504, Fiat….

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L’autre point assez significatif du quotidien argentin, c’est leur rythme de vie. En efet, la vie s’arrête vers 13h, 14h, pour ne reprendre que vers 17-18h. Les Argentins mangent assez tard, vers 23h. A minuit, les magasins sont encore ouverts et les enfants pas couchés. Quand on voit la chaleur qu’il fait en milieu d’après-midi, on comprend assez bien leur adaptation au milieu ! Même si pour nous, ce n’est pas très pratique, quand à 17h, il faut attendre que le gérant se réveille de sa sieste pour nous louer une chambre !

Une autre tradition bien ancrée est celle du maté, ce verre de thé aux herbes, partagé (voir carnet des enfants) prétexte à un échange convivial. Chacun a son « kit », sa « materia ». On trouve de l’eau chaude dans tous les petits commerces.

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Autre détail : ici il n’y a pas de pièces de monnaie, que des billets, de 2 à 100 pesos. La monnaie a été tellement dévaluée les dernières décennies que la pièce a plus de valeur son métal ! Alors quand il faut rendre la monnaie, on le fait en bonbons, ou en tomates !

 

Ichigualasto – Valle de la Luna

Mardi 9 décembre

Nous sommes finalement restés quelques jours à San Juan, un peu plus de force que de gré mais ce n’est pas grave. Nous avons pris un jour pour visiter la bourgade (630 000 habitants quand même). Puis, deux jours de suite, nous nous sommes cassés le nez sur un bus complet. Mais finalement, ce n’est pas plus mal, nous nous sommes fait accueillir merveilleusement bien par l’oncle de Pablo, le coach rugbyman rencontré à Mendoza. Petite maison rien que pour nous avec …piscine ! Ce repos était d’autant plus le bienvenu qu’Oliv a eu une bonne tourista (gastro?).

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Quatre heures de bus plus tard, nous voici à San Augustin de Valle Fertil. Notre objectif ? Visiter la « vallée de la lune ».

Et c’est ce que nous avons fait, au clair de lune, en cette pleine lune de début décembre. Si l’instant n’était pas photogénique, en tout cas sans le matériel photo adéquat, il était magique : douceur de l’air, lumière comme en plein jour (couleurs en moins), ambiance sereine.

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Valle de la Luna de jour

Comme prévu, on est retourné visiter la vallée de la lune, de jour. Contents de pouvoir jouir de ce paysage grandiose et des couleurs magnifiques. Un livre ouvert sur l’histoire de la terre, il y a 230 millions d’années, à l’ère du trias (Mésozoîque), au moment des premiers dinosaures. Dans ce parc, classé UNESCO en 2000 qu’on été retrouvés les fossiles des plus anciens dinosaures jamais trouvés (l’Eoraptor Lunensis et l’Herrerasaurus Ischigualastensis vieux de 228 MA). Intérêt scientifique indéniable, mais aussi paysage incroyable.

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Et comme ça nous a plu, on a continué la plongée dans l’ère du Trias, mais cette fois-ci, plus en dehors des sentiers battus. On a visité « El Chiflon ». Accompagnés d’un guide et d’un groupe de Tchèques, nous nous sommes baladés dans un beau canyon, avec une forêt fossile (transformée en pierre). Situation assez causasse de faire l’interprète espagnol-anglais pour des Tchèques, bonjour la perte d’informations en ligne !

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Un bivouac de rêve… !

Article dédié à tous ceux qui pensent que le voyage, « c’est que du bonheur » !

Réveil sableux (le vent tenace fait rentrer le sable de partout, jusqu’à l’intérieur de la tente) et sec (plus d’eau). Départ vers 10h d’  « El Chiflon », où nous avons bivouaqué à côté d’un petit restaurant sans clients. Le vent se met à souffler avec zèle, son intensité augmente progressivement jusqu’à devenir violent, nous obligeant à forcer pour avancer sur du plat. Rien pendant plus de 70 km, une bande d’asphalte, une de sable, des fils barbelés et des buissons épineux. Pas âme qui vive, pas même des voitures à passer. D’un ennui mortel.

Tous contents d’arriver dans le premier bled, Patquia 70 km plus loin. Il y a un hôtel, cool, nous sommes crevés ! Malheureusement, il est fermé, ou plutôt, son propriétaire n’est pas là. Mais il n’est pas loin, il fait une sieste… il est 17h. On nous dit d’aller le réveiller. Ce que nous avons tenté de faire. Quand, à 19h le propriétaire n’est toujours pas arrivé, on décide de lever le camp.

Après le bourg, le paysage est tout aussi désertique qu’avant, trafic en plus !

Plantons donc le décor de ce bivouac de rêve : quelques km à la sortie de la ville, au bord de la route puisqu’il n’est pas possible d’aller plus loin à cause de la clôture, entre trois broussailles, les mouches affluent par centaines, à se coller partout, sur les yeux, sur la bouche, sur la bouffe, agaçantes ! Et dans les arbustes, le chant d’une centaine d’une sorte de grillon, assourdissants !

Le temps de planter les tentes et de manger une purée vite faite dans la vaisselle sale du midi – et rien d’autre, les corbeaux ne nous ont pas ravitaillés. La nuit tombe déjà. Les grillons baissent d’un ton et les mouches s’en vont. Ouf ! On souffle un peu. Réveillés vers 3h du mat’ par une pluie bien dense, on a peur pour la tente des enfants qui prend un peu l’eau, les volumes d’eau à tomber du ciel peuvent ici être impressionnants. Mais ça va, la pente nous est favorable ! 9h du mat’, on repart, bon gré malgré. 73km nous attendent encore. Une ligne droite de 73 km avec des voitures – les pick-up sont les pires – qui roulent à près de 150 km/h. Oliv, pressé d’en finir avec cette ligne droite prend les deux sacoches d’Ewen, sa tente et son sac à dos pour qu’il accélère un peu la cadence : « si tu roules 5 km/h plus vite, on peut arriver deux heures plus tôt ». Et ça marche, Ewen arrive à suivre la cadence soutenue, par défi et dans la hâte d’en finir alors que la veille, il se traînait, râlant tout ce qu’il pouvait.

La Rioja est en vue vers 16h, l’hôtel trouvé assez rapidement. Que la douche est bonne ! Et le lit moelleux ! Un jour de repos avant de reprendre la route.

Nous repartons demain (dimanche) par une route de montagne, préférant la beauté du paysage par une route en côte au plat lassant.

 

Prendre le temps…

comme il vient.

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Changement de programme. Au vu de la météo, nous avons « changé notre fusil d’épaule ». Nous avons embarqué les vélos dans un bus de La Rioja direction San Miguel de Tucuman, plus au Nord. Posés, une fois de plus dans une auberge bien sympathique, « back packer’s », nous partageons le repas du soir avec les autres locataires, dans un cadre convivial. Et nous attendons que le beau temps revienne. C’est l’occasion de prendre le temps de vivre. Prendre le temps de se reposer, de (tenter de) faire sécher vêtements et chaussures, de faire l’école, des bracelets brésiliens, skype pour voir la famille, bref, prendre le temps de vivre et s’adapter aux conditions météo pas très favorables à la vie nomade.

Après deux jours de pause, nous avons repris la route, malgré la météo incertaine. Santa Lucia, après avoir vainement tourné dans ce bourg super glauque, nous trouvons refuge dans la cabane de chantier d’un campement de l’équivalent de la DDE. Drôle d’ambiance, une famille à vélo entourée d’engins de chantier et d’une vingtaine d’hommes en orange. Odeur d’huile de vidange. Les gars sont très sympas, leurs conditions de travail pas évidentes.

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Le lendemain, nous attaquons la montée. 40 km d’une sacrée côte dans une forêt luxuriante comme nous n’avons jamais vu en Amérique Latine. Luxuriante, et pour cause, il pleut !!! Trempés jusqu’au slip. Froid dehors mais chaud dedans avec l’effort ; assez désagréable. On ne sait plus si le kway sert à quelque chose.

Nous arrivons à El Mollar, après avoir rêvé d’un bon bain chaud, de chocolat chaud et de pain chaud (cherchez le point commun). Le refuge du soir sera sommaire mais le pépé qui s’en occupe finalement super serviable. Il a même offert aux enfants une petite voiture en bois et une table et des chaises fabriqués par ses soins.

A El Mollar, il y a des menhirs, si si

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Toute petite journée de vélo le lendemain pour atteindre Tafi Del Valle. L’endroit est vraiment beau, grand champ pâturé par des chevaux et des vaches au premier plan, plan d’eau au second et vastes montagnes aux pentes douches en arrière-plan.

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Nous posons nos sacoches dans une auberge « Nomade ». Les gérants sont très chouettes, on se sent chez nous, la vue est superbe, on se pose à nouveau pour un jour, histoire de récupérer de la montée pluvieuse. Les enfants ont du temps pour jouer, faire des gâteaux pour les résidents (la maison fait table d’hôte), câliner les chiens, chercher une tortue perdue (!), faire du lèche-vitrine (le bourg est touristique).

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On a vu nos premiers lamas !

 

Fêtes argentines

Quasiment 500 km nous séparent de Tafi Del Valle et de notre dernier article sur le blog – il faut progressivement vous habituer au manque, à l’approche de la Bolivie 😉 . Nous continuons de nous régaler en cheminant. Nous avons trouvé un rythme tranquille qui nous convient bien.

Partis de Tafi, les 25 premiers km ont été de la montée… dans les nuages.

Pédalage assez marquant pour les enfants : Méline raconte à tout le monde qu’elle est allée dans les nuages et qu’il y faisait froid, Ewen avoue qu’il a détesté parce qu’on en voyait pas à 10m, quel ennui ! Quelques km après avoir passé le col d’El Infernillo, changement radical de décor : le nuage s’ouvre et laisse place à un grand ciel bleu.

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La température augmente à mesure que nous descendons, nous enlevons couches après couches (nous avions mis gants et passes-montagne, manteaux, kway…enfin tout ce que nous pouvions). Le paysage est désormais désertique, lamas, cactus. La vue est magnifique, nos efforts récompensés, la descente est un régal. A noter, une chute d’Ewen, sa 2° seulement depuis le départ. Grosse peur pour moi qui l’ai vu tomber au rétro. Sans gravité, un genou éraflé, un trou dans le manteau tout neuf et dans le pantalon ciré. Heureusement qu’il était bien couvert, ça protège ! Faut dire que la route était plutôt irrégulière, tout comme les rafales de vent, et les virages très sérrés. Nous ralentisson la cadence pour éviter d’autres chutes, et pour mieux jouir du paysage.

Amaicha et la visite du musée de Pachamama, magnifique endroit créé par Hector Cruz (artiste plasticien), dédié à la déesse indienne de la terre.

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Quilmes et la visite des ruines du même nom. La reconstitution trop régulière des ruines et l’absence d’informations sur l’histoire du site ne nous a pas trop convaincus, mais passer la nuit dans cet endroit grandiose a rattrapé la déception de la visite.

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Empruntant un moment la routa 40, route mythique qui traverse l’Argentine du Nord au Sud sur plus de 5000 km, nous rencontrant des cyclo qui descendent vers la Patagonie car c’est la saison la plus favorable pour visiter le Sud. Rencontres belles et éphémères, échange de renseignements précieux. Nous en avions besoin, nous nous sentions un peu seuls à pédaler depuis Mendoza.

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Puis c’est l’arrivée à Cafayate, nous sommes le 23 décembre et nous réalisons tout juste que demain, c’est la veillée de Noël. Dur de le réaliser, au vu de la chaleur et de la discrétion des décorations dans les rues. Noël est ici nettement moins commercial, on est loin du matraquage en Europe, la fête ici est plus religieuse, les Argentins sont de fervents catholiques, fières de leur pape François dont l’effigie est partout.

Il est des lieux qui sont pour nous comme des centres névralgiques, des points de convergence. En l’espace de moins d’une après-midi, nous retrouvons avec plaisir un couple franco-argentin rencontrés à Tafi ainsi que deux argentines qui étaient à Tafi avec nous, que nous avons revues à Amaicha et avec qui Ewen a fait des origamies, faisons la connaissance d’un couple de cyclo-voyageurs français faisant route vers le Sud. Le soir, par le plus grand des hasards, nous nous asseyions à la table à côté d’une famille avec deux enfants qui voyagent en pino vers le Nord. Dingue ! Le repas passe très vite, ils ont autant envie que nous de faire un bout de route pour élargir le noyau familial, trouver des copains pour les enfants. On verra si on y arrive, leurs vélos sont déjà à Salta.

24 décembre, visite de Cafayate, qui nous plaît beaucoup, visite d’une cave avec dégustation. Après Mendoza, nous retrouvons des vignes, mais celles-ci sont plus jolies à notre goût, moins industrielles, à flancs de coteaux.

Ce soir, nous réveillonnerons avec les gens de l’auberge. Nous sommes une vingtaine de convives, des Argentins, des Polonais à vélo, des Israéliens, des Français. Chacun raconte comment on fête Noël dans son pays. L’auberge n’est pas très bien équipée alors le repas est à la bonne franquette, l’un amène son assiette, l’autre son tire-bouchon, on se débrouille comme on peut. C’est pour nous un Noël rêvé, dans le moment présent, loin du marketing commercial et l’opulence surdimensionnée des repas de réveillon chez nous. Si la famille et les amis nous manquent, les excès de nourriture et de cadeaux non. Partage et simplicité sont des valeurs que l’on souhaite offrir à nos enfants.

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Le jour de Noël, nous passons l’après-midi à la piscine avec les Jujugazou (c’est le nom de la famille en pino). Comme imaginé, les enfants s’entendent super bien, malgré la différence d’âge (Zoé a trois ans, Gabin cinq). Le soir, nous mangeons avec Hubert et Katel, le couple de cyclo français rencontré la veille et croisé plusieurs fois depuis. Super veillée chansons et guitare. La magie de Noël se prolonge.

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Le 26, nous reprenons la route. Les gorges (Quebrada) de Cafayate. Quel bonheur ! Il est des moments où l’on échangerait notre mode de locomotion contre rien. Nous croisons des toutous en bus obligés de prendre les photos derrière les vitres. La route est un spectacle permanent, et changeant. Instant magique dans un amphithéâtre naturel où un gars joue un air de musique, celle-ci envahit le volume, grandiose. Le soir, nous bivoiquons au bord du ruisseau, construisons une piscine naturelle pour nous rafraîchir, cuisson de pommes de terre au feu de bois.

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Les jours suivants sont plaisants, nous pédalons le matin, pour éviter le vent et la chaleur de l’après-midi. Nous faisons un crochet à une retenue d’eau, école avec une Argentine bien dégourdie, elle nous apprend quelques mots en faisant du coloriage, nous avons le temps, nous le prenons.

A El Carril, nous croisons la route de Paul et Pauline, un jeune couple super chouette dont la philosophie et la simplicité nous enchante. Malgré leur tout petit budget, ils profitent de la vie avec les moyens du bord, pas d’esprit de compet’, ils vont à leur vitesse, encore plus lents que nous. Après avoir discuté tout l’après-midi, nous décidons de bivouaquer ensemble. Charmante équipée, cinq vélos, ça commence à faire !

Arrivée à Salta le 30 décembre. Nous fêtons notre moitié de voyage… avec une petite amertume : nous venons de « perdre »notre appareil photo, pour la deuxième fois. La première, c’était au tout début du voyage.Nous tâchons de relativiser, c’est le lot de tout voyageur mais ça nous fait bien ch….. La ville nous déplaît foncièrement, nous avons juste envie de nous enfuir : trop de voitures, les bus nous rasent presque à nous écraser, les trottoirs sont bondés. Les Argentins font probablement leurs emplettes pour le Nouvel An. Ca nous rappelle le bourdonnement de la circulation indonésienne. Nous restons quand même passer le 31 à l’auberge, le temps de racheter un appareil photo ggrrrrr (il sera beaucoup plus cher et moins bien que le précédent, du fait du blocage à l’importation). Nous devons admettre que nous avons mis un peu de mauvaise volonté à participer aux festivités, le premier de l’an n’a jamais été notre tasse de thé. Le repas, annoncé à 22h n’est toujours pas prêt à minuit. Nous entendons le décompte des douze coups de minuit allongés dans notre lit. Méline dort, Ewen discute avec les convives, heureux dès qu’il est en compagnie. La faim nous pousse en dehors de notre chambre. Nous nous posons aux rares places libres à table et nous retrouvons à côté de deux couples de Français bien joyeux qui nous disent : « ah vous êtes les parents des enfants qui voyagent à vélo ? Incroyable, c’est super ce que vous faites, Ewen nous a tout raconté ». Marrant ! Nous sommes pris dans l’effervescence de la fête. La deuxième partie de la nuit rattrape largement la première. Guitare, chansons, danses, nous avons finalement bien rigolé.

Le premier janvier, c’est avec joie que nous quittons la ville, besoin de nature. Et nous sommes comblés. Le trajet Salta-Jujuy (prononcer Rourouille) est vert, très vert. Et plutôt en descente. Nous sommes en forêt. Nous bivouaquons près d’une retenue d’eau, entourés de vaches, chèvres, moutons, chiens et poules. Essuyons une longue pluie, abrités sous le tente nous faisons l’école, Oliv fait son Espagnol, Ewen explique à Méline comment on fait un 8, je lis avec régal quelques pages du livre offert par Paul (S’abandonner à vivre de Sylvain Tesson).

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Aldea Luna

  

Il nous est rarement donné d’être à ce point hors du temps.

Sur une bonne idée des « Jujugazou », la famille en pino rencontrée à Cafayate à Noël, nous nous sommes embarqués pour une semaine à l’écart « des bruits du monde »*.

Aldea Luna est une réserve naturelle d’environ 1000 hectares située à quelques vingt km de San Salvador de Jujuy ; y vivent Elisabeth et Martin, leur fils de 17 ans et leur fille d’un peu plus d’un an. Leur quotidien est à la fois autarcique et très ouvert. En effet, ils vivent dans une clairière, isolée au milieu de la forêt, sans eau courante ni électricité. Quand vient l’été et ses pluies torrentielles, le chemin devient à ce point impraticable qu’il n’est parfois pas possible d’accéder jusqu’à la maison en 4×4. L’endroit est une fenêtre ouverte sur la nature ; « elle est chez elle, nous sommes des visiteurs ». La maison surplombe de vertes collines boisées. En échange de quatre heures de travail le matin, nous sommes logés gratuitement et payons la nourriture pour une somme raisonnable. Aldea Luna accueille ainsi des volontaires, pour partager cette vie, à l’écart de la société de consommation.

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Exactement au milieu de notre année de nomadisme, cette semaine gardera une saveur particulière : nous qui changeons de lit tous les jours, nous voici confortablement installés dans une jolie cabane en bois pour huit nuits ; nous qui mangeons notre plat de nouilles sur le bout d’une pierre, nous voici, passant des heures à cuisiner des mets délicieux et variés, bio et végétariens. Une vie simple et sereine. Le matin, désherbage, récolte, semis, soin des plantes. L’après-midi, sieste, lecture, école, poterie, cuisine, balade, jeux. Ewen et Méline, en compagnie de Gabin et de Zoé, passent des heures à jouer.

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Pour plus d’images, on vous invite à regarder la vidéo faite par Julien (Jujugazou) :

https://vimeo.com/116600447

Cet épisode dans un « autre monde » renforce l’intérêt que nous avons déjà pour une vie moins dépendante, moins consumériste. Sortir un peu de cette dépendance me parait être un bon chemin de réflexion pour une vie plus seine. En tout cas ce fut un très bel entracte pour reprendre la route du nord avec nos nouveaux compagnons de voyage à vélo. Les « jujugazou » vont nous accompagner pour une belle virée peut-être jusqu’au Salar de uyuni. Une belle tranche de vie encore à partager ensemble avec du coup 3 pino et 2 vélos classiques.

  • enfin, les événements récents en France sont quand même arrivés jusqu’à nos oreilles. Ca fait peur, très peur…

 

Trois pinos pour l’Alti-plano

Nous avons repris la route en direction de la frontière de la Bolivie notre prochain objectif. Maintenant on se déplace à 5 vélos, pour se faire remarquer encore plus c’est l’idéal !

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La routa 9 est assez tranquille et nous permet de faire des bivouacs quelques fois assez atypiques. Une fois, nous nous réfugions, par le plus grand des hasards, chez un couple accueillant de woofing ; un autre soir, dans l’église d’une ville glauque à laquelle nous avons donné la palme de la ville la moins accueillante d’Argentine. Nous avons douté de pouvoir trouver un endroit où dormir mais nous en gardons le souvenir d’une belle soirée de rigolade. Ces deux soirs là, quelle issue heureuse et inattendue après des journées de vélos plutôt fatigantes !

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Les escales à Purmamarca et Humahuaca sont les plus touristiques que l’on ait pu trouver jusqu’à maintenant. Énormément de monde pour ces toutes petites cités qui accueillent des hordes d’autobus venus voir la Quebrada d’Humahacua classée récemment par l’UNESCO.

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Pour voir tout ça en vidéo avec Julien, cliquez ici.

Accessoirement, nous avons franchi le tropique du Capricorne… et croisé la route du Dakar…

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Nous faisons notre ascension chaque jour plus haut pour atteindre les mythiques montagnes de l’altiplano. Le froid est bien là et l’air plus rare. Plus difficile de reprendre notre souffle. Malgré cela, Ewen toujours devant ne finit pas d’épater nos compagnons de route. Au bout de ces 6 jours de vélo quotidien, nous faisons une petite halte bien méritée de 3 jours dans la ville d’Abra Pampa, 3400 mètres d’altitude. Repos, balade, restaurant du coin et virée à la Lagune de Pozuelos pour observer des milliers de piafs et surtout les flamants roses, même s’ils ne se laissent pas observer de près. Le paysage est, encore une fois, magique.

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Demain c’est le départ pour Quiaca, dernière ville argentine avant la Bolivie, en espérant que l’atmosphère se réchauffe et que les pluies se calment un peu.

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2 Commentaires

2 réflexions sur “6> Argentine

  1. Anne

    Contente de vous lire, j’attendais la suite des aventures.
    Et le vin argentin, l’avez-vous goûté dans un montagne viticole ?
    Des bisous à tous les 4
    Anne

  2. jouan

    SALUT,vos petits loulous ont la bonne graine,quand ça va pousser,quelle ouverture d’esprit.je sais pas si tu lis mes autres mess mais oliv,tu ménes ta famille comme un grand chef sioux et mieux vaut vivre ses réves que de récer savie.et à tous, c’est mon petit frére.alors chapeau pas vrai?

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