5> Chili

Un nouveau monde

Départ sans encombres d’Auckland. 11 h d’avion d’affiliée, dur dur pour les nerfs, surtout ceux d’Ewen. Pas faciles ces moments délicats où nous sommes très encombrés et nous les sollicitons beaucoup pour nous aider et en plus rester calmes. Là, il faut en plus rajouter un décalage de 11h dans une journée. Nous avons vécu la journée la plus longue de notre vie puisque nous l’avons vécue 2 fois en passant la ligne de changement de date, drôle d’effet. Maintenant, en France, il est plus tard qu’ici.

A l’heure où je vous écris, on arrive à Santiago (je suis un peu décalqué) mais content fait beau et pour l’instant ça va. L’auberge se trouve au 6ème étage d’une place du centre ville en travaux. Impossible de l’entrée pour s’approcher en taxi alors je vous laisse imaginer les petites galères avec tous nos bagages et nos vélos en carton (123 kg en tout).

Bref, maintenant on prend plus notre temps même si on s’énerve toujours un peu, la fatigue aidant. Petit truc marrant, ici dans l’ascenseur, il y a une personne assise sur un siège haut qui vous conduit à l’étage qui vous convient.

Après un apéritif (l’Indonésie), une bonne entrée (l’Australie, la Nouvelle Calédonie, la Nouvelle Zélande), nous nous attaquons au plat. J’espère que nous aurons la résistance ! C’est avec une légère appréhension que nous regardons les montagnes qui nous entourent.

P1000936

 

Toujours à Santiago

P1000937

On est toujours présents dans cette grande ville où vivent près de 6 million d’habitants.

On a dû faire face à quelques pertes de matériel et autres petites choses à régler pour que nous puissions poursuivre notre belle aventure.

On espère décoller d’ici lundi qui vient. En attendant on a changé d’auberge. On a fait quelques km pour nous rendre un peu en dehors du centre ville à l’écart des foules. Ambiance beaucoup plus détendue, plus grand, cosi, bar, bières vin, bref vachement mieux quoi. Là les enfants dansent avec les teneuses de l’hôtel sur du Stromaé ça swing. Le tempo sonne mieux ici pour nous donner envie de repartir du bon pied.

P1000959  P1000968

Sinon, on a trouvé la Mecque du vélo : la calle San Diego.

Des dizaines de boutiques de vélo

P1000956

Dimanche 26 octobre

Première balade con las tres bicycletas à Santiago.

L’impression est plutôt agréable, surtout en ce dimanche, les rues sont calmes. Pas trop de monde. Il y a des pistes cyclables et un peu de monde à vélo. On se fait petit à petit à cette nouvelle ambiance, et à l’espagnol.Pas facile pour moi qui ne l’ai appris que deux ans en 4°-3° et Oliv qui part de 0. Cela demande un effort de concentration important mais la sonorité de cette langue si chantante nous plait, on a envie d’apprendre.

Côté musique, on est ravi, c’est très dansant. Il y a de la musique qui sort des immeubles quand on passe et des musiciens dans les rues. Côté culinaire, ça nous plait aussi, de ce qu’on a pu tester de la nourriture chilienne, les empanadas – sorte de chausson salé – notamment. Le vin est très bon et pas très cher.

La température est aux alentours de 30°… mais on n’a pas la sensation de touffeur de Sumatra.

Demain, direction Valparaiso à l’Ouest, sur la côte. Il paraît que c’est très joli. On va mettre quelques jours pour y arriver, la Cordillère à traverser…

 

Santiago – Valparaiso

Mardi 28 octobre

Nous quitterons les bonnes vibes de cette auberge de jeunesse avec en prime la bise et les aux revoir de tout le staff pour nous voir partir sur les routes des Andes. Soleil de plomb, petite pollution et première crevaison accompagneront notre sortie de ville. Sensation plutôt paisible malgré la circulation. De temps à autre, il y a même des pistes cyclables. La route est plate, elle nous amène jusqu’au petit bourg de Lampa. Nuit bruyante, le seul endroit où nous avons pu trouver refuge est un vaste terrain où errent des dizaines de chiens. La nuit sera bruyante !

Mercredi 29 Octobre

Jusqu’ Til Til la route s’avère très facile, pour une remise en jambes après notre encroûtement dans le van en NZ. Ici, après une tentative pour trouver un endroit pour la nuit, nous redescendrons récupérer la polaire oubliée par Méline. Solenn a repéré une vendeuse d’olives qui semble très sympathique et donc l’échoppe se trouve sur un champ d’oliviers, idéal pour camper. Après quelques minutes de discussion et malgré la difficulté à nous comprendre, nous sommes invités chez elle. La maison familiale est située non loin de là dans un très grand champ d’oliviers. Nous sommes ravis, l’endroit est superbe, avec vue sur les montagnes alentours Petite soirée autour de la table, accompagnés de toute la famille. Beaucoup d’amour dans cette maison, et une belle culture de l’accueil. On sent la famille ouverte sur le monde, il y a du passage et tout le monde est invité à partager le repas. La jeune fille est sur warmshower, malgré nos vaines tentatives, ce sera notre première warmshower…involontaire.

 

Premier col, dur pour Ewen, qui craque, mais réussit tout de même l’ascension. Nous nous posons assez tôt au refuge de Santa Teresa, l’endroit est bucolique et il y a une piscine. Soirée paisible autour d’un feu. Qu’il est reposant de trouver le campement tôt et sans chercher.

P1000979  P1000985

Lendemain, nous descendons une belle vallée, montagnes de chaque côté, odeurs de fleurs raffinées ou de pain cuit au feu de bois, petites échoppes de fruits et légumes.

Nous passons une nuit paisible dans le parc National de la Campana, riche en faune et flore, classé réserve de biosphère à l’UNESCO.

P1000988  P1000994

P1010006  P1000986

Vendredi soir, nous arrivons à Valparaiso, autre site classé UNESCO, malgré une valve de pneu cassée (chambre à air à changer) et une journée à rouler en ville, avec des bus qui roulent comme des fous.

L’hostal est accueillant, tenu par un Français, la ville, magnifique. Nous posons nos sacoches pour quelques jours.

P1010045  P1010046

Valpo, comme ils disent ici, est une ville aux nombreuses collines, avec des reliefs impressionnants. La cité fourmille de vie, de culture, d’art, en particulier de street art, des fresques murales. Arpenter ses rues est un régal tant d’un point de vue architectural qu’au niveau des couleurs, des détails qui donnent l’âme au lieu. Les quartiers sont tantôt bohèmes, tantôt branchés, tantôt alternatifs… mais toujours créatifs. Le poète chilien Pablo Neruda y a passé un moment deP1010026 sa vie. Nous ne manquerons pas d’aller voir sa maison, sur les hauteurs. 

P1010031  P1010034

P1010024  P1010026

P1010064  P1010050

P1010052  P1010038

Petit clin d’oeil :

P1010039

Patriotisme ?

Au Chili, tout le monde a son drapeau chilien qui flotte dans les airs, quand ce n’est pas plusieurs. C’était pareil dans les autres pays que nous avons vu. Aussi, je m’interroge : en France, quand je vois flotter un drapeau bleu-blanc-rouge, je ne peux m’empêcher de penser : « nationaliste » voire facho. Qu’est-ce que la fierté nationale ? Est-ce quelque chose de normal ou de malsain ? Je ne suis pas fière d’être Française, pourtant, je suis contente d’être née en France et fière de vivre en France, un si beau pays. Les Français sont-ils moins patriotes que les autres ? Si oui, à quoi est-ce du, à notre passé, notre présent ? La naissance du Chili est récente, son histoire pacifiée encore plus, l’ombre de Pinochet plane encore. Il a été chef des armées jusqu’en 2008 !

Australie et Nouvelle Zélande cherchent leur autonomie vis-à-vis du Communwealth et ressentent peut-être le besoin de se revendiquer en tant que nation.

Est-ce faire la fine bouche que de ne pas être fier d’être Français ? Ou est-ce quelque chose de tellement normal qu’on ne voit pas pourquoi l’afficher ? Aucune idée. Bizarrement, j’afficherais plus de fierté à être bretonne, avec le drapeau gwen-a-du. Bon, j’arrête, je vous vois d’ici rigoler, avec mes pensées nationalistes ou régionalistes à l’autre bout du monde… Prendre du recul, ça a du bon.

 

« Papa Noël »

Les jours peuvent se suivre et ne pas se ressembler.

Partis de Valparaiso mardi matin, nous avons longé la côté vers le Nord pour une superbe matinée de vélo. Etape assez facile et arrivée à Quillota assez tôt. Malheureusement, nous avons tourné dans la ville près de trois heures pour trouver un lit! C’est vraiment ce que j’aime le moins dans ce mode de vie : quand on n’arrive pas à trouver où dormir. Quand on a une journée de vélo dans les pattes, l’effort de concentration pour comprendre et se faire comprendre devient énorme. Auquel s’ajoute la culpabilité de ne pas avoir fait l’école aux enfants et de leur faire subir ces tours en ronds alors qu’ils ont envie de jouer. On y passe à côté de rencontres qui pourraient être belles : cette mamie, qui a envie qu’on lui raconte notre histoire, ce journaliste, qui voudrait écrire un article, ces gens, curieux de notre vélos et qui voudraient bien en savoir plus…

On a fini par trouver un « residential » (sorte de pension de famille) en périphérie, en face du supermarché, un peu glauque au premier abord mais finalement bien atypique. On y croise un chilien qui a vécu 17 ans au Canada, qui parle français avec un accent québéco-chilien, ça vaut le détour ! Quand je n’ai qu’envie de dormir, Oliv trouve toujours l’énergie pour préparer à manger. Chapeau.

Nous serons plus chanceux le lendemain : après une dizaine de km, quand on s’arrête pour demander notre chemin, on croise quelqu’un qui, au bout de quelques phrases, nous entonne la marseillaise ! Si le premier réflexe est ce petit dégoût quand à cette chanson très guerrière, assez vite, je me marre de cette situation plutôt caucasse. Me reviennent en tête les frustrations de la veille de ne pouvoir rester discuter, je me dis qu’on a le temps devant nous. Nous acceptons son invitation à manger quand on se rend compte que le porte-bagage avant du pino est cassé. Réparation de fortune sur le bas-côté de la route. Une heure plus tard, nous sommes attablés chez lui, avec sa femme, pour partager leur repas. Leur maison est impressionnante : il collectionne les veilles voitures et scooters, il en a des italiens (vespa), des allemands mais aussi des français (motobécane). Tous ont une histoire. Dans ce « musée » également des photos ; il est fan d’Elvis et de Maryline (Monroe 😉 pas Dieudo). Edouardo, notre « papa Noël », est un homme passionné et passionnant !

P1010164  P1010160

P1010153

Il nous propose de rester dormir. Nous voici partis pour une après-midi à visiter différents lieux possibles : sa maison de campagne, charmante, son commerce le long de l’autoroute, un peu moins tranquille mais plus près. Nous nous arrêtons en chemin dans un jardin d’enfant qu’il connaît très bien. La maîtresse est super chaleureuse. Grosse rigolade avec les enfants quand elle leur raconte ce qu’on fait.

P1010169

 

20h arrive sans qu’on ait trop réalisé la journée qui vient de se passer : nous sommes en train de faire un bbq (asado en Amérique Latine) au clair de lune, sur un terrain paradisiaque au pied des montagnes où un camion frigorifique nous a déposé une heure plus tôt, les sacoches chargées de provisions offertes par Edouardo : pain, fromage, fruits, avocats. Les enfants dormiront dans une autre pièce que la notre, ce qui ne nous est pas arrivé depuis début septembre (Calédonie, chez Christiane et Jaf). Matin soleil sur une table dehors, dommage que les enfants se formalisent parfois pour des broutilles alors que le moment est magique. Heureusement pour nous la piscine n’est pas en eau, sinon, ce serait trop de bonheur 😉

HPIM0538  P1010172

P1010170

Nous prolongeons le plaisir en restant une seconde nuit. Nous ne savons pas combien de temps il nous faudra attendre la carte bancaire à Mendoza alors on le prend, notre temps.

 

La Calera – La Cordillère

Vendredi 14 novembre

Nous avons quitté La Calera voici plusieurs jours, après une escale un peu forcée, mais très agréable.

Bien décidés à partir dès vendredi 7, nous avons dû rebrousser chemin, faute de cash (je vous épargne ces petites contrariétés, c’est pas le plus sympathique). Il nous fallait attendre le lundi pour pouvoir retirer de l’argent. Mais la maison de campagne où nous avions passé deux jours de rêves était en passe d’être envahie par des dizaines de marmots. Nous avons donc été accueillis en face, par la sœur d’Edouardo, des amours. Non seulement ils nous prêtent leur « cabane » comme ils disent, mais en plus ils nous donnent à manger et offrent des cadeaux aux enfants, incroyable ! Encore une belle leçon de générosité.

P1010182

Nous décollerons le lundi matin, direction le parc national de La Campana, cette fois-ci côté Nord. Nous y passerons une soirée agréable campant à côté d’un couple d’Ecossais à vélo qui fait le trajet à l’inverse de nous (Mendoza – Valparaiso). La première fois depuis notre départ que nous croisons des cyclo-voyageurs. Plein de choses à se raconter, de conseils à se donner.

P1010197

Le mardi, nous sommes allés moins loin que prévu : la journée a commencé par une chute d’Ewen, sa première « vraie » depuis le début. Pas grand mal, juste le genou écorché et le rétro cassé. C’est à Llay Llay que nous perdrons pas mal de temps. Bref, qu’importe. Ce qu’on retire de ces contrariétés administrativo-financières, c’est qu’elles nous amènent toujours des rencontres. A traîner à la mairie pour se connecter à internet, la petite frimousse de Méline a fait son petit effet, nous sommes autorisés à camper sur la pelouse de la piscine municipale, actuellement fermée. Sacré spot : une pelouse superbe, des jeux pour enfants, des sanitaires, des tables et chaises, de la lumière et même un gardien de nuit… rien que pour nous. Le tout à l’oeil ! Un des gars qui bosse là nous a même offert une botte d’asperges.

P1010199

 

Mercredi, soirée chez des hôtes de « warmshower », le fameux réseau de solidarité des cyclo-voyageurs à travers le monde. C’est la première fois pour nous, il faut dire que ce n’est pas très simple de s’organiser, de savoir où on sera quel soir. On est plutôt du genre impro, nous, alors sans téléphone, c’est pas très simple à caler. Mais on ne regrette pas, nous avons passé une soirée excellente avec des Californiens producteurs de vin émigrés au Chili et dont les enfants sont scolarisés en école allemande, beau mélange, richesse du partage. Doit-on rajouter qu’il y avait une piscine ? Oui, pour expliquer la profonde tristesse d’Ewen quand il a fallu repartir le lendemain matin. C’est vrai que c’est dur, alors qu’on propose à ses parents de rester une nuit de plus, ceux-ci préfèrent repartir sur les routes, et en plus ça monte… Soupe à la grimace.

P1010205  P1010206

Jeudi soir, nous nous arrêtons tôt dans un hôtel désert aux gérants aux petits soins, et adorables. Petite baignade dans la rivière et douche chaude, instants sereins.

Le lendemain, on commence à monter vers la frontière, doucement mais sûrement. Première nuit en camping sauvage depuis le début du voyage. Nous plantons notre tente en contre-bas de la route, sur du sable, au bord de la rivière. L’endroit est difficile d’accès mais finalement assez agréable. Petite surprise une heure après notre arrivée, une brusque montée d’eau marron, due probablement à un lâcher d’eau en amont. Ewen a failli y perdre quelques voitures (il faisait un circuit dans le sable) mais finalement rien n’a été emporté.

P1010218  P1010220

P1010221  P1010223

Publicités
Poster un commentaire

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Créez un site Web ou un blog gratuitement sur WordPress.com.

%d blogueurs aiment cette page :